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bonjour mes petits amis…

je vais vous raconter aujourd’hui la très regrettable… la très désagréable mais néanmoins la très véridique histoire d’1 homme qui eut à la fin de sa courte vie le choix entre s’envoler –gonflé comme 1 montgolfière- ou bien exploser comme 1 bombonne de gaz défectueuse…

 

cet homme s’appelait John T. Laurence Junior & de 1911 à 1932 il vécut dans la bonne ville de Philadelphie… mais pour préserver son anonymat (car certains membres de sa famille vivent encore & veulent éviter que le rouge de la honte ne leur monte au front) nous l’appellerons Moshe Grosseschmock… 1 pseudonyme discret est toujours plus passe-partout & n’éveille aucun soupçon…

 

Rachel -sa maman- le nourrit d’abord au sein pendant ses deux premières années… la brave femme gardant la même alimentation que pendant sa grossesse mangeait deux fois par jour 1 plat composé de haricots rouges… de pois chiches & de chou… sur ces légumes riches en molécules sulfurées elle cassait deux œufs qui cuisaient à la chaleur du ragoût…

midi & soir elle faisait ainsi descendre ce plat roboratif avec 1 pinte de bière …

 

elle était épicière –ayant repris l’épicerie familiale à la retraite de ses parents… d’ailleurs elle garda sur le dos ses parents jusqu’à leur mort… ce qui n’allait pas sans lui causer quelques difficultés pratiques dans sa vie quotidienne… mais comme elle était robuste elle les soutint jusqu’au bout… on peut d’ailleurs noter qu’ainsi ils purent assister à l’accouchement & à la venue au monde du petit Moshe… Mazeltov !

 

par le fait de vivre dans 1 épicerie elle prit goût aux aliments disponibles dans la boutique… & pas chers en plus…

 

quand elle se maria elle avait encore ses parents sur le dos… le mari -1 brave homme dont le nom fut perdu… appelons-le John T. Laurence Senior- ne fut point gêné de vivre avec 1 épouse ayant encore ses parents à charge –au propre comme au figuré…

 

comment ils fabriquèrent Moshe je ne veux même pas le savoir… mais le bébé encore dans le ventre maternel & nourri aux légumes secs & au chou arrosé d’œufs & de bière comme toute la famille pétait déjà dans son placenta…

 

lorsque la sage-femme claqua le derrière du nouveau-né au lieu de pousser 1 vagissement de bon aloi il produisit 1 pétaradante flatulence & sourit…

vingt ans plus tard la brave femme le racontait encore…

 

toute la famille pétait… il régnait dans la boutique & dans le logement familial 1 odeur étrange qui imprégnait tout… les clients ne s’attardaient jamais dans l’épicerie : ils appréciaient la qualité & les prix mais ne tenaient pas à faire la conversation…

 

les affaires marchaient bien & la boutique restait ouverte douze à treize heures par jour… aussi Rachel avait-elle peu de temps à consacrer à la cuisine… 1 grande gamelle de légumes placée sur le poêle cuisait doucement toute la journée & ainsi tous les jours… à l’heure du repas pris dans l’arrière-boutique on plongeait 1 louche dans la gamelle pour emplir les assiettes…

 

les intestins du mari s’étaient faits à cette alimentation & il pétait avec sa femme son fils & sa belle-famille… la conversation familiale se réduisit avec le temps à peu de mots : ils communiquaient par pets… & se comprenaient… par le contrôle presque absolu de leurs sphincters ils avaient créé leur propre langage…

 

le médecin de famille fut surpris la première fois que Moshe vint dans son cabinet : il y avait disproportion entre le volume du garçonnet & son poids… mais il compris à ses dépends que le volume était plus dû aux gaz qu’à 1 abondance de chair…

 

en devenant écolier Moshe entama la pire période de sa vie… celle qui devait le conduire à 1 fin prématurée… en effet il comprit vite aux réactions de ses camarades de classe & de son institutrice que le langage familial n’avait pas cours à l’école… il en fut si mortifié qu’il se jura secrètement de ne plus jamais péter…

 

mais 1 être humain produit plusieurs litres de gaz par jour… jusqu’à cinq litres pour 1 adulte… ça n’est finalement qu’1 signe de bonne santé… on en trouve d’ailleurs la confirmation dans les dires de Glen Gibson, microbiologiste alimentaire à l'université de Reading : « Les flatulences sont le signe d'un bon fonctionnement du tube digestif. Il ne s'agit jamais que d'un problème social. On doit expulser des gaz pour que les intestins fonctionnent normalement. » (in New Scientist repris par Courrier International du 11 avril 2002).

 

autant dire que pour Moshe c’était la misère ! à se retenir durant des années il atteignait déjà à quinze ans le volume respectable d’1 berline familiale de modèle courant…

 

il enfla tant & si bien qu’en 1932 lors d’1 barbecue chez des amis il entama 1 très légère ascension au moment de l’apéritif… il était déjà à vingt bons centimètres de la pelouse fraichement tondue quand on s’en aperçut…

 

des bras amis tentèrent bien de le retenir mais en pure perte… soit on le laissait flotter soit on s’envolait avec lui… le temps de trouver 1 corde pour l’arrimer il était déjà trop tard : à trente mètres du plancher des vaches il avait commencé à dériver vers Boston porté par des vents dominants…


considération personnelle de l'auteur : cette histoire mérite 1 chute... non ?...
 

fataliste il revécut en quelques minutes le film de sa vie (à l’époque les films étaient encore muets) & prit l’unique décision possible : celle qui devait malheureusement mettre 1 terme inéluctable à ses jours mais aussi à son martyr : il lâcha dans le ciel pur de la côte Est quatorze ans de vents intestinaux retenus…

 

dans les patelins qu’il survolait à ce moment on crût qu’1 orage se déclenchait : ce bruit de tonnerre alerta les mères inquiètes qui firent rentrer les enfants… les veaux dans les prés se réfugièrent sous les pis maternels… les bergers rentrèrent les moutons pour leur éviter la foudre… les lapins se terrèrent dans leurs galeries souterraines…

 

1 pilote d’aéroplane crût même avoir passé le mur du son avec son moteur de quinze chevaux…

 

pour Moshe ce fut deux secondes de chute libre… puis il s’écrasa dans 1 champ… mort comme il était né : dans 1 vent…

 

mes petits amis j’ignore s’il y a 1 morale à cette histoire… mais peut-être la leçon à en tirer est celle-ci : qu’à trop se retenir on risque de tout perdre… & que la bonne éducation n’est pas toujours le gage d’1 vie longue & paisible

 

c’est tout pour aujourd’hui !

Publié dans : expériences extraordinaires
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