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Malcolm sortit du trou du cul du monde vers 17h00, heure laponienne…

c’était vraiment le hagard du nord…


les nuits & les jours sont plutôt longs aux pôles… il avait baisé toute la nuit & toute la journée dans son igloo… sans savoir avec qui ? & maintenant il avait la queue si douloureuse de n’avoir pas débandé durant tout ce temps, qu’il avait l’impression de s’être fait tailler des pipes par des ours ! ceux qui désirent causer de pingouins n’ont qu’à descendre au pôle sud, de toute façon, là-bas y’a que des manchots… & que font-ils quand il ne jouent pas les stars dans les documentaires ou dans les remake sur Napoléon ? eh oui : les manchots se tiennent le manche… d’1 main…


rev’nons en à nos moutons polaires, à Malcolm…

celui-là, on peut vraiment dire qu’il était arrivé par hasard !… tombé du ciel… au sens propre, le con !


Malcolm était le 1er touriste de l’espace à avoir emprunté la 1ère compagnie privée de voyage dans l’espace !… parti de la base de lancement installée au Nouveau-Mexique vers 2010, en compagnie de 3 autres touristes, il avait versé ses 100 000 euros pour son ticket… ils étaient censés grimper jusqu’à 140 kilomètres d’altitude, & profiter de quelques dizaines de minutes pour voir la Terre & flotter en apesanteur… s’envoyer en l’air pour 100 000 euros, je suis sûr qu’on peut trouver moins cher, même chez les call-girls haut de gamme ?


seulement ça avait foiré !

le pétard avait fait long feu… à 10 kilomètres d’altitude, il y avait eu 1 panne dans l’électronique, tout s’était coupé dans la capsule, sauf le vibromasseur du 2ème passager parce qu’il fonctionnait sur piles…

1 foutu mécanisme de sécurité les avait expulsés sur leurs sièges avec parachutes & chacun était parti dans 1 direction différente…


malgré sa combinaison (satin noir & dentelles), Malcolm ressentait le froid de l’altitude… il avait l’impression qu’on lui pelait le cul à l’épluche-légumes…

tombé du ciel comme un vieil étron, Malcolm n’avait pas eu la chance de ses coéquipiers emportés par des vents capricieux sur des îles bien plus chaudes baignées par un bout de Gulf Stream traînant par là…


en tombant selon une tangente rigoureuse, Malcolm avait maudit le putain de mauvais sort qui avait tiré la chasse sur lui…

on sait qu’il peut tomber désormais n’importe quoi du ciel… de la manne, des sauterelles, des grenouilles, de la grêle, de la pluie, de la neige… mais 1 étron humain à 400 km/h au bout d’un parachute … c’est beaucoup plus rare…

il avait vu la banquise se rapprocher vertigineusement, & savoir que ça n’était qu’1 illusion d’optique puisqu’en réalité c’était lui qui se rapprochait, ne changeait strictement rien à son principal souci : rester entier & en vie après le crash…

une chanson fort peu à propos trottait dans sa tête : « come fly with me… », mais ce bon vieux tube de Sinatra, franchement… durant les quelques longues minutes de chute, il s’était de mandé comment on peut être assez con pour avoir 1 pareille chanson dans le crâne dans cette situation ?… & pourquoi ne pas rire tant qu’il y était ?…

les pieds en avant & les hiboux-choux-genoux légèrement pliés, il avait atterri sur le crâne d’1 ours polaire sorti trop tôt de son hibernation… l’ours était mort dans la force de l’âge, mais pour la bonne cause : sa masse avait protégé Malcolm qui s’en tira sans 1 égratignure !…


on a toujours décrit le peuple Inuit comme très accueillant, hospitalier… & ces gens fort amènes ne devaient pas décevoir Malcolm qui avait besoin de réconfort… parvenus en traîneau jusqu’à lui dont ils avaient suivi la chute du regard, ils l’emmenèrent dans leur village igglouesque en le fêtant pour l’ours mort à la fourrure impeccablement préservée… pas même 1 flèche ou 1 balle de fusil…


il fit le trajet assis sur le cadavre de l’ours, tiré par 4 chiens attelés au traîneau d’1 chasseur qui courait derrière en encourageant les chiens…

l’ours avait été vidé de ses boyaux dont les chiens s’étaient régalés, mais il serait dépecé & découpé au village…


quelques femmes Inuits célibataires se chargèrent de le réchauffer & de le nourrir… puis se relayèrent à tour de rôle auprès de sa virilité que l’émotion de l’accident avait déclenchée de façon quasi permanente…

il voulut leur faire comprendre qu’il souhaitait rentrer chez lui, n’y avait-il pas 1 station de métro ou 1 arrêt de bus à proximité ? mais aucun Inuit ne causait la langue Malcolmesque, & réciproquement… en outre, 1 grand chasseur à la forte virilité est 1 chance pour 1 village Inuit, c’est même 1 peu comme 1 bénédiction… personne, hormis lui, ne souhaitait le voir partir… malheureusement, ils attendaient même qu’il réédite son exploit…

c’est ainsi qu’ils commencèrent à pratiquer le « lancer de Malcolm sur les ours »…

Publié dans : voyages extraordinaires vol.3
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