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à la requête plus qu'urgente de Gertrude

Bigoudis à poils durs ou bigoudis à poils mous ? La réponse

(Article paru rétroactivement dans le numéro 21 du Bulletin des Sciences et des Technologies)

Par notre consultant capillaire : Adémard de la Mèche

 

L’usage du bigoudi tend à disparaître… On rencontre en effet de moins en moins de ces accortes ménagères revenant du marché en pantoufles, tenant un gamin d’une main tandis que de l’autre main elles rapportent bottes de poireaux, kilos de pommes de terre et livres d’oignons serrés dans un cabas en toile cirée, avec sur la tête un foulard pour dissimuler des rangées de bigoudis qui annoncent la coiffure grand luxe pour le repas de famille du dimanche.

 

Quel dommage… Néanmoins il ne faut voir là que le résultat de la grande controverse des années 70.

 

On a bien oublié cette époque. Elle paraît si lointaine en ces jours de télé-réalité, d’omniprésidence, et de crise économique mondialisée.

C’était entre les deux premiers chocs pétroliers, celui de 72 et celui de 79.

Les jeunes portaient des jeans à franges, des vestes à franges, des musettes « US Army » à franges, des coiffures à franges… Et des sabots.

 

Tout le monde utilisait des bigoudis pour préparer sa coiffure à affronter le regard des Autres.

Exceptés le président de la République de l’époque : Georges Pompidou, celui qui allait lui succéder : Valéry Giscard d’Estaing (des noms bien oubliés aujourd’hui !), et celui enfin qui allait succéder au deuxième cité avant de se succéder à lui-même : François Mitterrand.

Oui : ceux-là n’étaient pas trop pour la frange… Ni pour la raie au milieu.

 

Les bigoudis –ces tubes en treillis souples avec des poils à l’intérieur qui ressortaient un peu (curieux : quand je dis ça je pense à ma concierge !)-  servaient à tout : je revois encore mon voisin de palier démonter tous les dimanche le moteur de sa R16… Il étalait toutes les pièces sur le parking et se chronométrait pour le remonter. Il espérait descendre au-dessous d’une heure trente, et créer alors un championnat du monde de remontage de moteur de R16.

Il « empruntait » les bigoudis de son épouse pour nettoyer les cylindres. Je précise : les bigoudis à poils mous, car pour ce qui concernait les bougies il optait pour ceux à poils durs. Ensuite il faisait tremper toutes les pièces dans une bassine emplie d’essence, et il y ajoutait les bigoudis (ceux à poils durs et ceux à poils mous) pour les décrasser.

Il est vrai que son épouse sentait toujours un peu l’atelier de garage quand elle sortait… On avait fini par s’habituer… Elle, je ne sais pas ?

 

Ce premier exemple montre qu’en réalité il n’y a pas à choisir entre les deux types précités de bigoudis : ils ont chacun leur usage. Rien de tel qu’un outil bien adapté pour faire du bon travail !

 

Restons –si vous le voulez bien- sur mes voisins (façon de parler) : maintenant que nous avons observé l’homme, observons la femme.

Le matin, après avoir employé son temps de femme au foyer inoccupée à préparer le petit déjeuner de toute la famille, à repasser une chemise pour son mari, à faire la vaisselle, à emmener les enfants à l’école, en être revenue en passant par la boulangerie et la boucherie, à passer le balai dans les coins et le chiffon sur les meubles, à commencer de préparer le déjeuner pour toute la petite famille, être allée chercher les gamins à l’école en revenant à temps pour éteindre le gaz sous les casseroles et mettre le couvert afin de servir tout ce petit monde dont les ventres hurlent de faim, le matin donc… était déjà passé !

Bon ! Ca n’est pas grave ! Parlons de l’après-midi. Mari, mômes, vaisselle… Tout étant enfin expédié dans diverses directions, 14 h 00 sonnaient : elle avait deux bonnes heures devant elle pour se consacrer à être sexy le soir, avant de retourner chercher sa progéniture, la faire goûter, et préparer le dîner.

Deux heures ! Vous imaginez le luxe ! On ne comprend pas dans ces conditions ce que le Mouvement de Libération de la Femme a apporté ? En travaillant pour un patron elles n’ont même pas ces deux heures et elles font quand même tout le reste ! Enfin !... Ne cherchons pas à comprendre : l’âme féminine (si elle existe ?) nous reste insondable ! Les poètes l’ont chantée, mais ils ne l’ont pas comprise…

 

Deux heures !... Deux heures à se laver les cheveux, à y appliquer diverses mixtures toutes plus malodorantes les unes que les autres, avant de se caler la tête sous le casque d’un séchoir à cheveux sur pied.

 

(Incidemment, quand on se souvient du bruit de ces engins, on comprend que celles qui ont survécu soient toutes à moitié sourdes ! Et je n’envisage même pas les conséquences sur le cortex cérébral chauffé ainsi à blanc, littéralement grillé chaque semaine !... Il n’y a qu’à observer l’effet de votre grille-pain sur vos tranches de pain quotidien : vous comprendrez…)

 

C’est dans cet épisode que les bigoudis intervenaient : chaque mèche de cheveux survivante de l’incendie de la semaine précédente était délicatement enroulée autour d’un bigoudi.

(Pour les plus âgées deux ou trois bigoudis suffisaient).

Tout ça mijotait une bonne heure, que ces ménagères oisives consacraient à la lecture de romans photos en noir et blanc (peut-être consacrerons-nous un jour un article à ces chefs-d’œuvre où des personnages masculins à franges et féminins à franges finissaient toujours par s’embrasser sur fond de coucher de soleil).

Elles éteignaient leur four portatif et s’en extrayaient pleines de courbatures, résultat d’une station assise inconfortable sur le tabouret de cuisine.

Ensuite elles ôtaient les bigoudis un par un, et pas rancunières, les rangeaient soigneusement dans une petite mallette de carton bouilli.

Elles brossaient ensuite leur reste de chevelure à coups rageurs, et passaient le plat de la main dessus pour en évaluer l’élasticité et la qualité du rebond (aspect essentiel au cas où des enfants plus moqueurs et délurés que d’autres auraient eu l’idée de leur jeter des cailloux en les voyant passer).

Les bigoudis à poils durs arrachaient plus de cheveux mais garantissaient une tenue parfaite aux survivants. Proposition inverse pour les bigoudis à poils mous.

 

Le soir arrivait. Elles avaient presque bouclé leur journée : les poêles et les enfants récurés, le repas chaud fumait dans la gamelle. Le seigneur et maitre rentrait alors, harassé d’avoir travaillé, LUI !

Vers neuf heures, tandis qu’elles revenaient d’avoir couché les enfants, elles ramassaient au passage dans le couloir la paire de chaussettes virilement jetée là au hasard près de la chemise en boule, être allées mettre tout ça dans le tambour du lave-linge pour la lessive du lendemain, finir de débarrasser et de nettoyer la table du dîner pendant que l’homme allumait une Gauloise devant la télévision qui diffusait une émission culturelle de Maritie et Gilbert Carpentier ou de Guy Lux.

Elle se plaçaient devant le téléviseur, tapotaient la souple choucroute rebondie, et demandaient : « Chéri ? Tu n’as rien remarqué ce soir ?... ».

« Quoi donc ? répondait le travailleur, t’as trop poivré la blanquette ? Je te dis toujours de ne pas trop poivrer la blanquette ! Demande donc une bonne fois pour toutes à ma mère comment elle fait !... Et puis pousse toi : je ne vois pas l’émission : t’es pas transparente ! ».

 

Vous comprendrez donc pourquoi, en conclusion, je suis exceptionnellement dans l’impossibilité honteuse de trancher en faveur du bigoudi à poils durs ou du bigoudis à poils mous.

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sur la requête pressante de Guern' de Bé

Minceur : faut-il croire au régime frites-mayonnaise ?

(article rétroactivement paru dans le n°17 du Bulletin des Sciences et des Technologies)

 

par notre consultant : Dr Marcello Congelo

 

L’été est là ! Il s’est confortablement calé les fesses dans son transat’ et nous observe à travers ses lunettes aux verres fumés au bois de hêtre.

Il nous observe nous griller les poils au soleil et cultiver nos mélanomes sous une chaleur accablante qui va encore faire partir des milliers de nos anciens, vers des terres plus fraiches où les rhumatismes et la cataracte ne sont que des souvenirs.

Ça c’est pour ceux qui croient que « quelque chose » existe après la mort.

Les autres ne devront cependant pas dédaigner églises, synagogues et mosquées : ces endroits ont l’avantage de rester assez frais durant la période chaude de l’année.

Reste la catégorie de ceux qui croient au Grand Pingouin : le pôle sud n’est pas encore trop entamé, ils peuvent y faire retraite en juillet ou en août. Attention cependant : il faut vite réserver ! Et les tarifs sont au maximum vers le 15 août !

 

Des précautions sont à prendre pour la saison. Nous essaierons de les rappeler brièvement :

- bien s’épiler le maillot : en effet rien de plus pénible en rentrant de la plage que de devoir se secouer pour en faire tomber les kilos de sable que le vent y a déposé

- bien se tartiner d’huile d’olive : en chauffant sur votre corps elle dégagera cette odeur particulière qu’on ne remarquera plus qu’à peine au milieu de tous les barbecues en activité. Rien ne pousse plus vite (excepté les poils des cuisses et du bas-ventre) que les barbecues au mois de juillet : ça fleurit partout.

- éviter les sardines pour fixer vos tentes : préférer les piquets métalliques. L’odeur des sardines est vite incommodante et peu nuire à la qualité du sommeil.

- suivre un régime alimentaire approprié : c’est le principal, et c’est ce que nous allons maintenant développer.

 

L’essentiel est de se faire plaisir en mangeant. La nourriture-plaisir est le concept le plus important depuis la relativité d’Einstein ou l’invention de la psychanalyse par Freud.

Un repas qui ne plait pas est un repas que l’on se force à avaler. Résultat : on mâche peu, on digère mal, on a des gaz, et comme notre corps ne sait quoi faire de ces nourritures qu’il n’aime pas il les stocke. Ainsi on prend du poids : CQFD.

 

Il faut donc manger de bonnes choses.

Quoi de meilleur que des frites ? Les plus raffinés gourmets en ont raffolé, le summum étant selon Brillat-Savarin de les déguster avec de la mayonnaise.

Clovis en était plus que friand selon Grégoire de Tours, Charlemagne en était positivement fou aux dires du moine biographe Eginhard.

Louis le quatorzième lui-même demandait toujours des frites avec de la mayonnaise au grand cuisinier François Vatel : « Nous, Louis, Roi de France, voulons pour notre souper des frites avec de la mayonnaise car telle est la nourriture des Rois ! ».

 

Or, si l’on ne considère que ces trois rois, ils bénéficièrent tous trois d’une vie longue et bien remplie.

On peut préciser que le Roi-Soleil qui n’avait plus de dents et dont la bouche véritablement pourrie empestait si fort qu’il allait lui-même ouvrir les fenêtres, était fort satisfait de cette alimentation qui ne nécessitait guère d’être mâchée si les frites n’étaient pas trop cuites.

 

Pour l’été donc, laissez tomber la nourriture faite de salades (c’est bon pour les lapins) ou de foin (c’est bien pour des chevaux), comme vous dédaignerez les glaces (pour les pingouins) ou encore de grosses côtes de bœuf à la moelle (nourriture pour les fauves du zoo).

 

Optez pour les frites-mayonnaise matin, midi et soir !

D’autre part, les litres d’huile ainsi absorbés vous protégeront efficacement contre l’action du soleil à l’intérieur de vos organes.

 

À n’en pas douter, même si vous ne pouvez vous payer des vacances à la plage en ces temps moroses de crise économique, vous obtiendrez un teint jaune du plus bel effet, et tous vos collègues au retour des congés vous diront : « Tu as un teint magnifique ! Mais où es-tu donc parti cet été ? Nous on est partis aux Seychelles et on n’a pas un teint pareil ! »… Et en vous-même vous sourirez car ainsi sans difficulté vous pourrez les rendre jaloux grâce à notre secret !

 

nota bene pour ceux qui ne supporteraient pas ce régime : qu’ils aillent tout de même jusqu’au bout de ma prescription. Vomir tous les jours leur permettra sans effort de perdre les quelques kilos disgracieux qui les encombrent.

 

Nous vous rappelons que nous nous tenons à votre disposition pour écrire et publier rétroactivement tout article qui suscite votre intérêt : en moins de 60 mn (plus vite que La Redoute).

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à la demande subreptice de Hécate



Rubrique astronomie : les étoiles carnivores

(article rétroactivement paru dans le n°7 du Bulletin des Sciences et des Technologies)

 

par notre rédactrice adjointe : Sonia Galactica

 

Lorsque nous nous sommes lancés sur la piste des étoiles carnivores à la suite d’une information parue dans la correspondance de Gertrude Crâne à la suite d’un de ses nombreux échanges de missives sans queue ni tête avec Deuhédeufont Hécate (correspondance revue mais non corrigée à paraître aux éditions Maritimes de Roubaix (59) - BP 00), nous nous sommes rendu compte du peu de données disponibles.

Même les grandes revues internationales concurrentes de notre Bulletin n’en disaient mot. Aucune compilation astronomique n’y faisait référence. Sur le web : rien.

 

Il nous a donc fallu voler à notre frère cadet la paire de jumelles qu’il a reçue à Noël dernier –malgré ses cris de protestation & contre la forte somme de trente euro plus la promesse de la libre disposition de mon ordinateur à l’heure du goûter pour qu’il puisse chatter avec ses copains de CM2.

Nous avons alors pu commencer à nous livrer à nos propres observations, afin de combler le vide (et peut-être espérer le prix Nobel ?).

 

Il faut le dire tout de suite : à la jumelle on ne voit rien !

Le cadet a donc retrouvé sa paire de jumelles mais il n’a pas voulu rendre les trente euro : on réglera ça ce soir quand les parents rentreront ! en attendant j’ai planqué le modem de l’ordinateur, ça lui fera les pieds !

 

Tout  va donc se jouer sur notre capacité à reconstituer la réalité des étoiles carnivores à partir des obscures bribes lâchées par Hécate : je vous garantis que plus maigre tu meurs !

 

Que sont-elles ?

Ces objets célestes quasi inconnus seraient réellement des étoiles : des sphères gazeuses extrêmement denses émettant des rayons lumineux et différents autres types de rayons (du rayon alpha au rayon lingerie) mais pas après huit heures du soir à cause des voisins.

La plupart des étoiles produisent leur propre énergie à partir de la fusion de l’hydrogène en général qu’elles transforment ainsi en hélium : c’est pour ça qu’elles ont la forme de ballons et qu’elles vont et viennent dans le ciel, autrement elles tomberaient.

Il y en a pour tous les goûts : de tailles différentes dans un grand choix de couleurs, ce qui évite la monotonie dans les jardins d’enfants interstellaires. Le meilleur moment pour en acquérir une est évidemment au moment des soldes.

 

Mais ce qui est attesté pour la très grande majorité des étoiles est faux pour celles qui nous occupent aujourd’hui. En effet elles ne se nourrissent pas d’elles-mêmes, ce qui prouve d’ailleurs qu’elles sont plus malignes que les autres qui se condamnent elles-mêmes à disparaître !

Elles se situent donc à un rang plus élevé dans l’évolution des espèces, elles sont même en haut de la chaîne alimentaire : ce sont les grands prédateurs de l’espace. Elles puisent leur énergie en dévorant et en assimilant les autres objets qui flottent mollement dans l’éther sans conscience du danger qui  les menace.

 

Comment opèrent-elles ?

Si vous voulez avoir la chance d’en apercevoir, la meilleure méthode est la plus classique : choisir une douce nuit d’été à l’heure où les grands fauves vont boire.

Dissimulez-vous adroitement derrière un bosquet de comètes et tachez de ne pas respirer trop fort, et surtout ne vous placez pas sous le vent solaire : elles ont l’odorat particulièrement sensible !

La douce nuit d’été n’est pas obligatoire, c’est juste pour ne pas attraper froid : en hiver l’espace est très très froid, nous déconseillons cette saison. L’avantage cependant est de trouver des tarifs plus intéressants.

Elles se réunissent au bord d’une galaxie pour s’y asseoir en croisant les jambes car elles sont très pudiques, et elles papotent en buvant du thé vert.

Mais ne vous fiez pas à cette scène de quiétude : ces demoiselles peuvent se transformer en monstres furieux ne laissant aucune chance à leur proie ! Elles vous déchiquètent un astéroïde en moins de temps qu’il n’en faut pour dire : »allo mademoiselle, pouvez-vous m’indiquer le numéro de fax du docteur Mandelbaum s’il vous plait ?... Oui j’ai bien dit : Mandelbaum… Max Mandelbaum… à Brooklin ! ».

Qu’une étoile classique (une banale naine blanche ou géante rouge) vienne à passer par là et c’est la curée ! Il n’y a pas pire spectacle ! Je crois qu’en horreur carnassière ça dépasse le T-Rex, le Machairodus ou ma belle-famille quand je les invite au restaurant en promettant de payer l’addition !

 

Comment en reconnaître une ?

C’est relativement facile : coquettes, elles sont très aguicheuses… Elles ont donc beaucoup de rouge sur les lèvres, elle seraient ravissantes en jupe, escarpins et sac à main assorti.

Mais cette bouche si tentatrice révèle une dentition extraordinairement fournie et pointue lorsqu’elle s’ouvre pour commander un cheeseburger ou demander le prix de ces « adorables boucles d’oreilles ».

Il parait que les concepteurs du monstre dans le film « Alien » s’en sont inspiré, mais en adoucissant un peu le tableau afin que le film puisse être diffusé en salle.

Leur mâchoire inférieure se décroche comme celle d’un serpent : cela leur permet d’avaler des proies de grande taille du type galaxie spirale, voire un amas de galaxies tout entier pour les plus gloutonnes… elles pensent moins à leur ligne passés les mois d’été.


N'hésitez pas à nous demander la republication rétroactive d'un article dont le sujet vous intéresse : dès qu'elle en aura pris connaissance la Rédaction se fera à elle-même le pari de l'écrire rétroactivement en moins de 60 mn et de le publier ici.
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(à la demande presque explicite de Guern' de Bé)



Le mystère de l’homme à l’hypoténuse

(article rétroactivement paru dans le n°20 du Bulletin des Sciences et des Technologies)

par notre enquêteur Charles O. Kolmes

 

Les rues de Paris ne sont pas sûres. Elles ne l’ont jamais été. C’est inhérent à cette ville comme les encombrements de circulation : Jules César déjà dans ses « Commentaires sur la Guerre des Gaules » le notait :

« pas moyen qu’Il arrive à l’heure au resto : il y a toujours un connard qui brûle un feu ou qui se gare en double file ! »

(A ne pas confondre avec l’enquête approfondie que Pierre Péan s’apprête à publier : « la Guerre des  Goals » sur le monde du football.)

 

Mais ces derniers temps, une suite de crimes plus horribles les uns que les autres s’est produite, mettant les policiers d’élite du Quai des Orfèvres sur le gril.

(à noter qu’il faut les retourner toutes les deux heures, sinon les poulets sont trop cuits)

 

Chaque lundi matin on retrouve morte, affreusement défigurée, une personne (homme ou femme) gisant dans une mare de sang, sous un pont de la Seine.

 

Les policiers organisent désormais des rondes sous tous les ponts parisiens : en pure perte… Jusqu’à présent ils n’ont appréhendé aucun suspect.

Il faut dire que les agents en civil renâclent un peu à faire la ronde : ils estiment en effet que « ça n’est plus de leur âge ! ».

Ils ont obtenu de la Préfecture de Police de n’être pas obligés de chanter en même temps.

 

Par une source policière anonyme nous savons que chaque victime a eu le visage tailladé à coups de pointe de compas : les plaies dessinant grossièrement un triangle rectangle.

 

Percer ce mystère ne semble guère plus aisé que percer un bouton d’acné, avec les résultats que nous savons.

Le criminel ne laisse aucun indice : pas d’empreintes digitales, pas de marque de chaussures sur le sol. Il prend soin de laisser place nette en quittant la scène de son acharnement.

A priori ces crimes ne sont pas d’ordre sexuel : les victimes sont habillées.

Rien ne leur a été volé.

 

Aujourd’hui une lettre anonyme a été déposée dans la boite aux lettres du Parisien Libéré. En voici la teneur :

« Ils paieront tous ! Un par un ! La dictature du triangle rectangle touche à sa fin !

Signé : Pythagore ! »

 

Elle a été confiée au laboratoire de la Police Scientifique. De notre source anonyme nous avons appris les premières conclusions du rapport : « l’auteur utilise vraiment beaucoup de points d’exclamation ! ».

 

Hormis cela, les recherches piétinent toujours, comme un escadron de gendarmes mobiles avant la charge…

 

Menant notre propre enquête, nous avons étudié la vie de chacune des victimes.

Il faut trouver un point commun, quelque chose qui les relie aux yeux du malade qui les abat froidement.

Trois hommes, quatre femmes.

Des âges qui vont de vingt cinq ans à cinquante neuf ans.

Un chauve, un tondu, deux fausses blondes, un roux, une brune, une rousse.

Deux des victimes portaient des lunettes, une portait des verres de contact.

Deux femmes portaient une jupe, les cinq autres victimes étaient en pantalon.

Trois étaient originaires de Paris ou de sa banlieue, une arrivait de Bretagne, une autre du Maroc, une de Marseille, la dernière victime était Dunkerquoise.

Nul n’est parfait : on le constate hélas chaque jour.

Franchement des vies sans intérêt :

L’un avait pour banal passe-temps de collectionner les trous de lacets, un autre de déchirer ses mouchoirs en papier avec les dents de devant avant de les faire avaler à son canari… Une jeune femme (celle venant du Maroc pour admirer les pigeons aux Buttes-Chaumont) avait pour manie de ne marcher qu’à cloche-pied (sur le pied gauche) depuis l’âge de six ans… manie bien innocente convenons-en. Le marseillais par exemple avait eu son quart d’heure de célébrité dans les gazettes locales parce qu’il était le seul à Marseille à ne pas ponctuer chaque phrase d’un « putaing cong ! » retentissant en vidant cul sec son verre de pastis.

Nous avons eu du mal à ne pas nous endormir en relisant nos notes.

 

Comment trouver un point commun là-dedans ?...

Mais ils ont tous été assassinés un dimanche soir : le meurtrier a sans doute profité de l’aubaine de ce que la population entière est à cette heure scotchée devant les publicités à la télévision.

Ça n’aide pas. Même en cherchant des suspects parmi la faible population qui ne possède pas de téléviseurs, ça fait tout de même quelques milliers sur la région parisienne.

 

Approfondissant nos recherches, nous nous sommes rendu chez les familles éplorées.

À part chez la veuve de la première victime que nous avons trouvée en nuisette de satin blanc riant à gorge déployée et buvant du champagne au goulot sur le sofa en compagnie de deux jeunes garçons de bonne famille assez déshabillés qui la serraient de très près, nous avons rencontré des personnes noyées dans la douleur, le chagrin et l’incompréhension au point de lire et relire les clauses des contrats d’assurance-vie pour vérifier que la mort violente n’annulerait pas le versement de l’indemnité.

 

Nous avons recueilli des informations, mais aucune n’en recoupe une autre. Nous avons fait « choux blanc » comme on dit dans le vocabulaire technique policier.

 

 

 

dernière minute !

Un communiqué de la Préfecture de Police nous informe qu’un suspect vient d’être arrêté ! Il aurait avoué les sept meurtres !

L’homme serait âgé de trente-neuf ans.

Il a révélé qu’ayant toujours été un cancre en mathématiques, brimé durant toute sa scolarité par ses professeurs de maths, moqué par ses camarades, il avait voulu se venger, n’ayant jamais été foutu de retenir par cœur le théorème de Pythagore :

« le carré de l’hypoténuse est égal à la somme du carré des deux autres côtés ».

En effet, toutes les victimes étaient des enseignants de mathématiques en exercice.

 

 

Vous pouvez toujours nous demander la réimpression rétroactive d'un article en le trouvant dans l'index alphabétique... nous n'avons pas encore publié la totalité de cette liste encyclopédique mais nous comptons sur votre rétroactive mémoire pour qu'un thème vous revienne et que vous le soumettiez à la Rédaction qui s'empressera de l'écrire rétroactivement en 60 mn, sauf empêchement de dernière minute.

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(à la demande explicite de Sheernin)

 



nous devons la vérité au Lecteur sur l’arbre à cames…

(article rétroactivement paru dans le n°13 du Bulletin des Sciences et des Technologies)

par notre chroniqueur scientifique : Aldébaran du Moyeu

 

Chacun a l’habitude aujourd’hui de monter dans sa 2CV, de mettre le contact et de se laisser emporter en glissant silencieusement sur l’asphalte de nos routes ensoleillées.

Néanmoins rien de cela ne serait possible sans la plantation d’un arbre à cames dans le moteur.

 

L’arbre à came est un dispositif en forme de tube de longueur variable permettant de transformer un mouvement rotatif en mouvement longitudinal, ou l’inverse si ce jour là vous n’avez rien de mieux à faire.

C’est ainsi que les pistons transmettent leur mouvement au vilebrequin qui par l’intermédiaire de la courroie de distribution donne son mouvement à l’arbre à cames.

 

En réalité ça ne date pas de l’invention de l’automobile, cette innovation merveilleuse qui permet d’arriver à l’heure quand le gigot va être servi, ou de prétexter une panne et un joyeux moment en perspective lorsque la compagnie féminine installée à côté du conducteur semble complaisante.

 

L’histoire de l’arbre à cames est authentiquement liée au voyage dans le temps.

Mais ça : peu de personnes le savent… Quand on a les mains dans le cambouis on pense bien rarement (et même très exceptionnellement) au grand voyageur Marto Pilo qui prétendit au 10e siècle rapporter du Royaume du Grand Khan cette merveille mécanique.

 

Marto Pilo était un aventureux génois qui espérait vivement faire des affaires et prospérer afin de pouvoir épouser Béatrice, la fille du Duc du moment : Lorenzo Lorenzo Schemling di Lorenzo.

Seulement, étant de pauvre extraction (avant), il n’avait pas les moyeux –pardon : les moyens, d’arriver à ses fins.

 

Sans fortune personnelle, il lui fallu la constituer à partir de rien.

Il se lança donc dans des voyages lointains en espérant découvrir et rapporter des trésors.

 

Il quitta Gênes un beau matin de février. Il faisait froid, la pluie tombait dru depuis huit jours. Inconfortablement installé sur le dos de son mulet, il se disait ne pas regretter son départ. En effet : à Gênes pas de plaisir.

 

A l’en croire, son voyage dura un an pour parvenir en Chine. Le mulet n’avait pas résisté à la traversée du Caucase, et ainsi Marto arriva à pied par la Chine. Son récit de voyage fut rédigé en français uniquement pour qu’il puisse faire cette contrepèterie. Dans ses moments de solitude –et ils furent nombreux- cette blague le divertit régulièrement.

 

Il raconte dans son troisième cahier comment il découvrit sur les petits ruisseaux des frais coteaux de l’Himalaya des moulins à papier actionnés par la force hydraulique : une roue à aubes était entraînée par le courant et un mystérieux arbre planté au milieu du moulin tournait en transformant le mouvement de la roue en un mouvement vertical qui actionnait une presse aplatissant la pâte à papier. Selon Marto Pilo, le travail du meunier était principalement de tailler l’arbre chaque jour pour éviter que les branches gênent le mouvement.

 

En réalité, d’après nos recherches les plus récentes, Marto Pilo vola l’invention non aux Chinois (il n’a jamais dépassé le 13e arrondissement de Paris où il logea tout le temps chez une logeuse nommée Ylang-Ylang), mais à un voyageur anglais égaré dans le temps et qui venait du 19e siècle : Herbert Georges Wells.

 

Wells qui avait installé un petit atelier clandestin dans Paris (où il faisait travailler cinquante immigrés turques) y avait fabriqué sa fameuse machine à l’abri des regards indiscrets.

C’est lors de son premier essai qu’il se trouva transporté au 10e siècle (toujours dans Paris) juste sous le nez de Marto et de sa logeuse.

 

Marto était à cette heure totalement ivre, mais il eu un bref moment de lucidité, et copia sur la nappe à carreaux de la table du déjeuner le schéma des principales pièces de la machine.

 

Quand H.G. Wells fut retourné vers des temps plus guillerets où l’on pouvait circuler dans les rues sans se faire détrousser sous la menace d’une émasculation à la hache (entre-temps on avait inventé le pistolet), Marto dégrisé examina son dessin et pensa qu’on pouvait en tirer quelque chose.

 

Il retourna à Gênes sur le dos de sa logeuse qui était tombée amoureuse de lui.

Là il proposa à un forgeron de ses amis de fabriquer une machine toute en métal reproduisant le schéma.

Mais une fois la machine achevée, ils n’étaient guère plus avancés !

Ils se saoulèrent pendant toute la nuit, et au matin ils brisèrent la machine. Ne resta en tête que l’arbre à cames.

C’est alors qu’en jouant avec, le fils âgé de huit ans du forgeron remarqua les propriétés miraculeuses de l’arbre à cames.

Il alla remplir un seau d’eau au puits et le jeta à la figure de son père.

 

Celui-ci lui donna une bonne correction pour ça, puis accepta de l’écouter.

En bricolant et en buvant force tasses de café, il monta l’arbre sur sa forge et pu ainsi actionner son marteau par le mécanisme de l’arbre, en réduisant ainsi ses efforts musculaires entamés par vingt ans de bitures.

 

Marto Pilo courut aussitôt chez le duc pour s’attribuer cette « découverte » en inventant la fable de ses « voyages merveilleux », et demanda la main de Béatrice.

 

Pour la petite histoire, le duc lui rit au nez et l’informa que Béatrice était mère de deux enfants nés de son union avec le comte Enbanco.

 

La fin de la vie de Marto est obscure.

On raconta qu’il était parti pour la Chine (pour de vrai cette fois) et qu’il se lança dans la fabrication de cerfs-volants.

La Rédaction rappelle à ses lecteurs-lectrices que pour tout article dont ils souhaiteraient la réimpression : c'est sur simple demande en "commentaire" : nous nous efforcerons d'écrire rétroactivement l'article dans les 60 mn chrono (sauf empêchement) plus vite que La Redoute.

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(à la demande implicite de Sheernin et d'Hecate)

 


l’invasion des gastéropodes de l’espace

(article rétroactivement paru dans le n°17 du Bulletin des Sciences et des Technologies)

 

par notre envoyé spécial à la NASA :  Fax Meuldor

 

5h00 Temps Universel : dans la salle de contrôle tout le monde est sur le pont ! Les équipes se relaient depuis trente huit heures en prenant soin de respecter les quotas de démocrates et de républicains, de caucasiens, d’afro-américains, d’asiatiques, d’hispaniques, de femmes, d’hommes, de gays, d’hétéros, d’Adventistes du Premier Jour, de Méthodistes, de Juifs orthodoxes, de Juifs libéraux, de Témoins de Jehovah, de Catholiques, de Musulmans, de non-fumeurs de tabac blond, de non-fumeurs de tabac brun, de sniffeurs de coke & de fumeurs de hash, de Croyants au Grand Kangourou, de Prieurs des Vendanges Tardives, de Végétariens, de Pouletariens, d’Annonciateurs de la Grande Écrevisse, du KK Nerveux, du Nervous Breakdown, des Salutistes du Pain de Mie, de Gardiens de But du Saint-Sépulcre, des Enfants de Jérusalem Est, des Enfants de Jérusalem Ouest, des Serviteurs du Bras Gauche et du Bras Droit Réunis, des Adorateurs du Couvercle de Camembert…

Je crois même avoir aperçu une ou deux philatélistes dissimulés dans une page de calepin ?…

 

Tous ces gens aux capacités intellectuelles hors normes réunis pour observer le mystérieux engin qui semble se diriger droit sur notre planète Terre depuis le fond de l’espace.

 

Ce sont les radiotélescopes dans le désert Mojave, près de la station de métro de la 33e est, qui ont détecté les premiers le signal d’un bolide filant dans l’espace selon une trajectoire inhabituelle pour un corps céleste puisqu’il procède par bonds de 400 000 kilomètres, s’arrête, décrit une spirale autour de son axe (un peu comme un tire-bouchon), puis redémarre pour un nouveau saut de 400 000 kilomètres.

 

Les hypothèses d’une comète ou d’un astéroïde ivres après la fiesta habituelle du vendredi soir ayant été éliminées, les savants amenés sur place de force par les militaires, et après la promesse d’une prime substantielle de 5 000 roupies (environ 104 dollars au cours du jour) plus les tickets resto, ont vite conclu à un engin technologique d’origine inconnue…

On se demande où ils vont chercher tout ça ?...

 

D’après leurs calculs l’engin qui semble avoir la Terre pour objectif devrait atterrir à Disneyland Floride pour l’heure du goûter.

 

La direction du célèbre parc d’attraction nie toute intervention dans cette visite, mais a déjà multiplié par deux les tarifs d’entrée.

 

Je vais quitter les locaux de la NASA où règne la confusion depuis que les Annonciateurs du Vermisseau à Poils Durs ont déposé un recours pour non prise en compte de leur représentativité au sein des équipes sur place.

 

Voilà ! Je suis maintenant à Disneyland où les caméras de télévision du monde entier sont braquées sur le ciel d’un bleu sans nuage.

 

Ca y est ! Un engin de gigantesque dimension apparaît !

Il fait un double looping, triple lutz, salto arrière… Les juges canadien et états-unien accordent un « dix », évidemment les juges chinois et russes ne décernent qu’un « quatre », l’anglais fidèle à sa patrie attendant la note américaine pour accorder aussi un « dix » ! Le juge français ne s’est pas prononcé : il était en train de couper des rondelles de saucisson sec.

Le public enthousiaste applaudit.

 

L’engin se stabilise à dix mètres du sol… Une rampe s’abaisse…  Quel grand moment dans l’histoire de l’Humanité ! La rencontre avec une race de l’espace !...

 

« Quelque chose » sort en rampant… Incroyable ! Il s’agit d’un énorme gastéropode ! Oui ! Un escargot !... Tout à fait conforme à l’escargot commun qui rôde sournoisement et silencieusement dans nos salades mais…

Il mesure au moins deux mètres de long ! J’ose évaluer son poids à environ trois tonnes !

 

Un deuxième puis un troisième glissent sur la rampe en bavant. Que veulent-ils ? Viennent-ils en paix ? Viennent-ils pour nous anéantir ?

 

S’infiltrant parmi les militaires aux fusils braqués sur les visiteurs, des hippies échevelés brandissent des pancartes au message de paix.

Le plus étrange est-il de voir arriver sur Terre des escargots géants ou de découvrir qu’il existe encore des hippies ?...

 

Le premier gastéropode lance un jet de bave ! Oh mon dieu ! Le jet a atteint le premier rang des soldats et des hippies qui se dissolvent instantanément ! Des cris d’horreur s’échappent de toutes les gorges !

 

Une voix surpasse les cris… Elle résonne aux quatre coins du cercle que nous formons… Ils doivent utiliser un traducteur électronique… Mais bon sang ! Où ont-ils appris à parler aussi mal notre langue ?

Voici d’après les notes sténographiques que j’ai pu prendre, le contenu de leur message :

« Yoh mon frêre !

Si t’as pas le hip !

Si t’as pas le hop !

File-nous vite ta salade !

Toute ta salade moi je dis !

Sinon la race de ta mère

Que je nique toute ta salope de planète !

Yoh ! »

 

Mon dieu ! Ils ont donc de belliqueuses intentions !

On nous fait savoir que le Président va faire une déclaration après s’être concerté avec les chefs d’état de la planète…

 

Ca y est : le Président a annoncé un grand plan pour fournir toute la salade disponible aux envahisseurs.

Parlementaires démocrates et républicains s’empoignent déjà pour savoir qui financera ce plan. Les républicains ne veulent pas d’impôt nouveau, les démocrates rétorquent que cela créera des emplois pour tous les jardiniers.

Je crains –hélas !- que ces gastéropodes démesurés ne mettent tout le monde d’accord !

 

Les semi-remorques prévus arrivent pile à l’heure pour livrer toute la salade qu’ont pu fournir les USA et leurs alliés.

Des dizaines de conteneurs sont chargés dans la nef spatiale gastéropodienne. Cela doit prendre trois jours pour tout charger.

 

Le ballet des camions de livraison a enfin cessé.

L’orchestre philharmonique dépêché sur place, épuisé d’accompagner cette danse, s’écroule sur place : comme on comprend ces musiciens qui ont fait preuve d’un grand courage, ils peuvent maintenant s’effondrer : on n’a plus besoin d’eux… Ils ont superbement joué leur rôle (même si –si je peux me permettre- je fais une réserve sur le jeu du troisième flûtiste qui a joué un peu trop « andante » à mon goût dans le troisième mouvement… mais je laisse aux spécialistes le soin d’éclaircir ça).

 

Visiblement ces gastéropodes terroristes ont eu ce qu’ils voulaient.

Leur engin décolle, et en moins d’une seconde il disparaît dans l’azur.

 

On regrette bien sûr que Bruce Willis et Will Smith aient été en week-end en ces moments où le monde avait tant besoin d’eux ! Sans doute nous auraient-ils débarrassé des envahisseurs sans que cela nous coûte autant de salade ! Mais même les stars hollywoodiennes ont droit à leur week-end.

Le bruit court que les studios voulaient envoyer leurs doublures mais franchement on avait besoin des vrais héros ! Le Président a refusé.

 

À l’assemblée générale de l’ONU, l’Iran et la Corée du Nord nient que la Terre ait été visitée par les escargots géants extra-terrestres : « pure propagande occidentale ! » soutiennent-ils.

On peut regretter que même en des heures aussi graves, la fraternité humaine n’ai pu se frayer un chemin.

Il reste à souhaiter que malgré tout la résolution sur la production en masse d’anti-limaces soit appliquée : nul ne sait s’ils reviendront… mais s’ils reviennent : NOUS SERONS PRÊTS !

la Rédaction vous rappelle que sur simple demande, tout article qui vous a intéressé dans le "passé" sera écrit et republié grâce au concept de la rétroactivité spatio-temporelle

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(à la demande explicite de Gertrude)

 


le mystère des semelles de crêpe bretonnes enfin résolu ?... pas si sûr mais quand même…

(article rétroactivement paru dans le n°22 du Bulletin des Sciences et des Technologies)

 

par notre correspondant Pedrito Gonzalec de Ker Malo 3e du nom

 

Depuis quelques semaines la police est sur les dents comme une vieille montre qui a perdu son ressort : de mystérieux cambriolages ont lieu toutes les nuits dans le canton de Plougalou Ar Armor…

 

Depuis la crêperie « Le Homard Aux Pinces Sans Rire » tentons de résumer les faits actuellement en notre possession, malgré les embruns qui se mélangent aux vapeurs d’hydromel et de cidre bouché comme des toilettes de bal une nuit de Fest Noz.

 

Chaque nuit en effet dans les maisons bourgeoises de la côte on entend les cris des propriétaires dévalisés… on a d’abord cru que le chien fantôme de la légende était revenu errer sur la lande et lançait son aboiement pour terrifier les vierges qui commettaient l’erreur de sortir la nuit sans leur chaperon et sans leur coiffe sur la tête, mais non : c’étaient la détresse des victimes qui se désespéraient en s’apercevant du vol.

Les fins limiers de la Gendarmerie locale les ont d’abord placés en garde à vue pour tapage nocturne, puis dans leur grande sagesse et après quelques bolées de bière à l’eau de mer et aux algues les pandores se sont rendus à l’évidence : ils n’avaient pas arrêté les bonnes personnes.

Ils ont donc repris tous les éléments.

 

Le mode opératoire est toujours le même : le ou les voleurs se sont introduits sans bruit dans les habitations pendant le sommeil des propriétaires et ont tout raflé dans les maisons : meubles, objets précieux, missels, crucifix, pommade contre les verrues plantaires, verre à dents (avec le dentier dedans)… tout systématiquement a disparu après le passage des voleurs.

Madame S. qui dort avec ses chaussettes tricotées main s’est retrouvée pieds nus…

Monsieur M. s’est réveillé sur le plancher : son lit avait disparu avec sa femme encore dedans (quoique là on a des doutes : Madame M. étant bien connue sur le port pour… enfin passons…)

Mademoiselle K. prétend avoir perdu sa virginité à cette occasion : on lui aurait subtilisée.

Les jumeaux P. à qui on a dérobé l’un la veste de pyjama en varech, l’autre le pantalon…

La veuve C. : disparu le cadre en bois flotté contenant la photo de son cher mari.

Jusqu’aux siamois T. qui avaient en commun un pénis unique et à qui on a ôté le prépuce ! (ils sont d’ailleurs en conflit avec leur assurance qui conteste qu’ils fussent encore incirconcis au moment du vol… le problème est que leur seul témoin est Mademoiselle K.).

 

Chaque fois sans que les victimes aient perçu le moindre bruit, chaque fois durant leur sommeil.

 

Les seuls indices sont les suivants :

- de larges empreintes circulaires d’environ vingt-cinq centimètres de diamètre avec des traces infimes de beurre salé,

- le chant d’une cornemuse au lever du jour.

 

Les enquêteurs pensent donc que les voleurs étaient chaussés de semelles de crêpe pour se déplacer sans bruit, crêpes bretonnes eu égard au beurre salé.

Le son de la cornemuse étant en quelque sorte leur cri de victoire après chaque cambriolage réussi.

 

Tous les employés des crêperies du canton ont été interpellés et toutes leurs chaussures vérifiées, bottes de pêche et sabots inclus.

Cela fait tout de même cinq cent vingt deux personnes, le canton disposant de plus de crêperies au mètre carré que la place Vendôme à Paris n’a de bijoutiers.

 

Elles ont toutes été relâchées faute de preuves par des policiers de la Brigade Criminelle venus en renfort de Paris.

Ils ont fait appel aux Experts de Miami, aux Experts de New York… même aux Experts de Mishawaduc City dans le Delaware et à Julie Lescaut en désespoir de cause.

Nib ! Peau de balle ! Rien ! Nada ! Nothing !

 

Le bruit court maintenant à grandes foulées qu’il s’agirait d’une bande organisée affiliée à la Mafia chinoise : en effet les douaniers ont découvert dans le port de Cherbourg des conteneurs en provenance de Chine dissimulant parmi des caisses de godemichés de mauvaise contrefaçon (fabriqués pour pas cher en Chine ils révèlent des malfaçons : ils n’ont par exemple qu’un seul testicule) des caisses de fausses crêpes bretonnes… Ces crêpes en effet n’ont pas tout à fait la taille réglementaire selon la norme U.E. sur les crêpes bretonnes : il manque 0,5 centimètre de diamètre, et leur dentelure trop régulière indique qu’elles sont faites à la machine et non à la main comme il se doit pour une authentique crêpe bien de chez nous.

Ces crêpes contiennent en outre de la mélamine : elles auraient servi à écouler les stocks de faux lait en poudre depuis le scandale du lait pour bébé en Chine.

 

Un portrait robot a donc été dessiné par des spécialistes : il révèle un ou des individus mâles, portant ciré et bottes en caoutchouc, mais avec les yeux bridés et une longue tresse dans le dos.

La Police demande donc qu’on lui signale tout individu ressemblant à ce portrait robot.

Les restaurants ont affiché ce portrait.

Les voleurs présumés commanderaient des crêpes au riz et du cidre dans des tasses avec une femme nue au fond.

 

Nous restons sur le coup et nous vous tiendront bien évidemment au courant.

Nous restons basés à la crêperie « Le Homard Aux Pinces Sans Rire » qui est en quelque sorte notre Q.G.

Nous espérons que cette enquête sera vite résolue : notre reporter ayant déjà pris dix kilos depuis le début de son reportage, et accusant une sérieuse tendance à une ébriété certes de bon aloi, mais permanente, ce qui semble nuire à la clarté de sa rédaction.

nous rappelons aux aimables lecteurs & lectrices que l'index provisoire de nos articles figure ICI & qu'ils peuvent nous demander la réimpression de tout article dont le thème les tente : la Rédaction se fera 1 devoir & 1 jeu de l'écrire sitôt réceptionnée la demande & approuvée par le Comité Secret du Pur Malt non filtré.

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suite à de nombreuses demandes de lecteurs qui désirent retrouver des articles qui les ont marqués... et aux innombrables requêtes de chercheurs pour leur thèse de doctorat... je commence ici la publication de l'index alphabétique des articles du Bulletin des Sciences et des Technologies.
j'espère que ce puissant outil de recherche favorisera votre réflexion !
Pr Maurice Duglaireux


Index alphabétique des articles parus en 2008-2009 dans le

Bulletin des Sciences et des Technologies



Articles n° de parution
Astronomie : construisez vous-même votre planète 17
Astronomie : les étoiles carnivores 7
Bigoudis à poils durs ou bigoudis à poils mous ? La réponse 21
Brossage des dents et perte des ongles de pied : les interrogations 21
Cinéma : 24 images/seconde versus ma belle-mère : 1 idée en 20 ans 17
Comment aller à pied sec jusqu’à Mars et retour ? 18
Comment laver une tâche de savon ? 18
Comment produire de l’eau tiède ? 18
Couleurs du prisme et lavage en machine 16
Cryogénie et déchaussement des dents : la recherche progresse 17
De la Terre à la Lune en 2 h 33 sans effort 20
Histoire des sciences : la révolution du fer à friser 18
L’énigme du masque de Fer : a-t-il fini par rouiller ? 19
L'invasion des gastéropodes de l'espace 17
La cueillette des nouilles en Basse-Italie 22
La disparition des dinosaures et la calvitie 22
La géométrie non-euclidienne et Groucho Marx 19
La recette originale de la pizza plutonienne 18
La vérité sur l'arbre à cames 13
Le mystère de l’homme à l’hypoténuse 20
Les pieds de salades sentent-ils ? 20
Les semelles de crêpes bretonnes 22
Minceur : faut-il croire au régime frites-mayonnaise ?           17
Nouveau Guide des Relais et Châteaux de Sable : parution 16
Pourquoi le diamètre n’est pas égal au double du rayon quand la roue est tordue ? 16
Pourquoi les escargots ont-ils le pied si mou ?            18
Science et croyances : Neandertal avait les pieds plats 21
Un batracien remarquable : le pygmée du Haut-Morvan 19
Vérité : le pain complet aussi efficace que le penthotal ? 17

vous pouvez nous demander le texte d'un article en précisant sa référence : nous nous empresserons de le republier dans ces colonnes (et de l'écrire avant).


Éditoriaux par le Pr M.Duglaireux

 

Jonas et le trou du Mulet                                                                                21

Ne pas prendre les messies pour des lanternes                                         20

Théories du complot, théories conspirationnistes                                     22

Transporter hommes et marchandises entre les continents                      18


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Voici enfin le n°20 tant attendu dont le succès fut tel qu'il fut rapidement épuisé (le numéro : pas le succès !)....
Le Pr Duglaireux a donc été puiser dans le porte-monnaie de sa grand-mère pour financer la republication de ce numéro de légende qui s'attaque aux croyances farfelues sur l'influence de la Lune sur l'oignon de ma soeur ou le dentier de mon grand-père (vous comprendrez tout en lisant !).



Notre époque est au matérialisme.

De ce fait, de plus en plus nombreux semble-t-il, sont celles et ceux qui se réfugient dans des spiritualités douteuses, prenant des messies pour des lanternes… au risque de se brûler.

L’essor de sectes, de « spiritualités » bizarroïdes (« new age », rites d’indiens d’Amérique copiés par des occidentaux, retour à l’adoration des anciens dieux grecs, etc.), du retour aux religions (renouveau des pèlerinages, etc.) et autres pensées bouddhistes, me fait craindre que le découragement des uns et l’illumination ou le lavage de cerveau des autres n’enrichisse que des gourous-escrocs et des vendeurs de papiers…

Comme écrivit finement le non-regretté Ron L. Hubbard qui fonda la « scientologie » et son église : « si vous voulez gagner de l’argent, créez une religion ! ».

Les pseudo sciences enrichissent des milliers de cabinets de consultants en astrologie, en graphologie, en morphopsychologie… des entrepreneurs paient pour recruter, pour décider de la stratégie de leur entreprise… chaque président français jusqu’à Chirac inclus a consulté discrètement des astrologues (Sarko : trop tôt pour savoir).

 

Jusqu’au jardinage ou à l’obstétrique on rameute le ban et l’arrière-ban des charlatans qui invoquent les « traditions » (qui varient d’1 pays à l’autre et se contredisent), la « sagesse populaire » (qui n’aime ni les femmes et les hommes roux ni les chats noirs), les « coutumes » (on cloue bien des chouettes sur les portes de grange pour faire fuir le « mal »), l’antiquité mésopotamienne, chinoise, grecque, égyptienne…

je vais donc me mettre à dos pas mal de gens parce qu’il est plus facile de verser dans la « croyance », la « superstition » et le « café du commerce » que de regarder les faits (pas les fées) en face : nombre d’esprits humains admettent plus facilement 1 mensonge évident qu’1 vérité qu’il faut aller chercher avec peine…

voici donc la BÊTE qu’il faut combattre :

 

1) LA LUNE ET LES PATATES…

Extrait :

 

« Jadis les paysans de tous les pays observaient la Lune avant de semer, de récolter, de couper des arbres ou de les tailler, de vendanger et de mettre le vin en bouteille, d'accoupler les animaux ou de tuer le cochon,... Tout cela se perd, car le productivisme agricole et la course effrénée au profit ne tient plus compte de ces éléments essentiels ; aujourd'hui on « dope » chimiquement. Il reste heureusement quelques agriculteurs Bio pour suivre la voie tracée par leurs ancêtres.

Alors comment jardiner en tenant compte des phases lunaires ?

- La LUNE CROISSANTE : est la période qui s'écoule entre la Nouvelle Lune et la Pleine Lune ; c'est l'époque où chaque nuit le croissant s'agrandit, avant de commencer à diminuer en abordant la PHASE DÉCROISSANTE.

- La LUNE MONTANTE : est un phénomène qui se produit durant une période où son orbite est chaque jour plus élevée que la veille. Dans la période DESCENDANTE, elle est dans le cas inverse.

Dans un précédent article nous vous avions donné déjà quelques indications à ce sujet.

Rappelons encore que la sève monte et descend avec la Lune. En Lune Montante, la sève est surtout dans la partie supérieure des végétaux, en Lune Descendante, elle est plutôt dans la partie inférieure.

Quelques exemples :

- faire les confitures et les conserves en lune décroissante

- mettre le vin en bouteille en lune décroissante

- dégermer les pommes de terre en lune décroissante et descendante

- couper le bois en lune descendante

- ne jamais travailler une ruche lorsque la lune est en signe d'eau

- cueillir les champignons en lune croissante

- ne pas tondre le gazon en lune montante

- greffer en lune montante

- faire l'épandage du fumier en lune descendante

- faire le repiquage en lune descendante

Pour ceux qui auront eu la sagesse de faire leurs semis de tomates à la lune montante et croissante (mi-mars en godets à l'abri) il faudra replanter si possible à la lune descendante et croissante (de la mi-mai à début juin) les meilleurs jours en fonction de la lune 11-12 21-22 mai et 29-30 mai puis 7-8-9 juin. »

(ceci est extrait de : www.aci-multimedia.net)

 

Pour désigner les rythmes annuel, mensuel, quotidien, un manuel de jardinage (avec la Lune) édité chez Rustica parle de « respiration ».

On peut y lire :

« La Terre respire selon trois rythmes : une respiration annuelle conduite par le Soleil ; une respiration mensuelle rythmée par la Lune ; une respiration quotidienne, celle de jour et de la nuit. »

 

Le mélange de l’anthropomorphisme et de l’astrologie donne des résultats bien curieux…

En lisant ces extraits, on retourne aux siècles passés où l’on clouait les chouettes et les chats noirs aux portes des granges…

Ils démontrent, entre autres, une méconnaissance phénoménale de l’astronomie, compte tenu de l’ensemble des forces qui s’exercent dans le cosmos, et de la dizaine de mouvements qui affectent la Terre (outre la rotation sur elle-même et la révolution autour du Soleil).

 

Une alliance efficace

Le jardinage avec la Lune assure son succès grâce à une alliance entre trois concepts : le concept du Tout (l’univers) auquel nous serions liés, l’influence astrale, et le culte de Bonne Mère Nature. Cette pratique a encore de beaux jours devant elle grâce à une forme d’écologie « douce-rêveuse » très en vogue dont le credo est de renouer des liens perdus. Saurons-nous un jour respecter l’environnement et réfléchir à notre place dans la nature, sans tomber aussitôt dans le mysticisme ? ou un délire digne des Marx Brothers ?

http://doutagogo.over-blog.com/5-categorie-1241022.html

 

Autre exemple…

Voici ce qu'on peut trouver dans un hebdomadaire de jardinage :

 

« Semer en lune montante favorise l'ascension de la sève dans la partie aérienne des plantes, pour que les graines germent et se développent. Durant cette phase lunaire, travaillez le sol qui doit accueillir les futurs semis, parce qu'il est alors plus réceptif aux influences du ciel. » 

 

« Semer, bouturer, tailler, des gestes importants qui ont besoin d'exactitude, d'attention, de précision pour réussir. Autant mettre toutes les chances de son côté en les effectuant sous l'influence de la lune. Tour à tour montant puis descendant, l'astre lunaire se déplace devant les constellations zodiacales et exerce une influence variable sur les plantes. » (même l'astrologie est de la fête ! mais est-ce une surprise ?)

 

Le Ciel… puissance bien mystérieuse dont on a du mal à définir les contours… divinités invisibles ? dans l’atmosphère ? au-delà  de l’atmosphère ? une force qui  viendrait de quelle distance ?... une force d’attraction qui aurait donc le pouvoir d’arracher les oignons de la terre et de les faire sauter directement dans la poêle ?... mais pas n’importe quand : l’orbite elliptique de la Lune fait varier le rayon d’environ 30 000 kilomètres… mais à plus de 350 000 kilomètres de distance ça ne ferait pas plus pousser un radis qu’une citrouille… mais ça fait sortir les gourdes.

Les plantes étant essentiellement composées d'eau, l'attraction lunaire aurait le pouvoir de faire monter la sève et aider la pousse…

Mais qu'en est-il de l'attraction terrestre autrement plus importante qui devrait les plaquer au sol ? La contradiction ne dérange pas nos jardiniers mystiques ou poètes qui nous chantent leur ode à Séléné.

Avez-vous déjà remarqué votre verre d'eau ou votre piscine se mettant à déborder les soirs de pleine Lune sous la puissance de l’attraction lunaire ? Nous y reviendrons plus bas… ainsi que sur le phénomène des placentas sauteurs également les soirs de pleine Lune…

 

Lune montante, Lune descendante

Le plan de l'orbite de la Lune est incliné de 5°9' sur le plan de l'écliptique. En conséquence, pendant sa révolution sidérale (environ 27,3 jours), la Lune passe alternativement d'un côté à l'autre du plan de l'écliptique en franchissant les nœuds, d'où les expressions « lune ascendante » (ou montante) et « lune descendante ».

Il faut encore tenir compte de la hauteur de l’écliptique au dessus de l’horizon qui varie constamment du fait des mouvements diurne et annuel de la Terre. De ce fait, une lune ascendante peut culminer à une hauteur plus basse que la position la plus basse d’une lune descendante et vice-versa !

 

Outre le fait qu'il est assez cocasse de constater le rapport qui est fait entre Lune « montante » et « ascension » de la sève, tous deux faisant référence au verbe « monter », on observe à nouveau la confusion entre Lune montante et phase. Par ailleurs, par rapport à la Terre, la Lune ni ne monte ni ne descend, elle tourne autour tout simplement !

 

Les notions d’effet de marée ou de Lune montante et descendante ne présentent donc aucun intérêt : que ce soit pour le jardinage, l'émondage ou... la coupe des cheveux… sauf à couper les cheveux en quatre ?

Cela n’empêche pas de nombreuses revues de jardinage, ou almanachs « bio-dynamiques », de proposer des règles à respecter pour « bien jardiner avec la lune ».

 

Le problème, c’est qu’en les examinant de près on constate que ces règles se contredisent, et varient d'une région à l'autre.

Les convaincus de la « bio-dynamique lunaire » objecteront :

« Mais enfin, pourquoi diable remettre en cause ces pratiques traditionnelles alors qu’elles sont issues d’une expérience multimillénaire en jardinage ? ».

 

Parce que les expériences en laboratoire dans des conditions rigoureusement contrôlées ne valident pas ces pratiques, et jusqu'à présent la science agronomique n'en a homologué aucune.

Une tradition (ou soi-disant « tradition » parfois), même millénaire, ne saurait remplacer la méthodologie scientifique.

Et puisque l’histoire passionne nos jardiniers « lunaires » qui se targuent de la revendiquer pour s'appuyer sur des affirmations datant de plusieurs siècles, précisons ceci : dès la fin du XVIIe siècle, Jean-Baptiste La Quintinie (1626-1688), jardinier de Louis XIV et directeur de tous les jardins fruitiers et potagers royaux, met en évidence l'absence d'influence de la Lune sur la croissance des végétaux (Instructions pour les jardins fruitiers et potagers, 1690).

http://pfz.free.fr/Lune_hommes/lune_hommes.htm

 

2) LA LUNE ET MA PISCINE

Tout jardinier « lunaire » vous dira que, la force de gravité de la Lune agissant sur les eaux terrestres en provoquant les marées, elle doit aussi être efficiente sur le potager, puisque les plantes sont gorgées d’eau. Pourtant, on peut lui répondre que cette force de gravité est universelle, qu’elle agit tout autant sur la matière solide. Tout objet contenant de l’eau devrait alors déborder, ce qui n’est pas le cas.

Quand Pépé laisse son dentier au fond du verre d’eau le soir le pleine Lune, il ne retrouve pas le dentier à l’air dans le verre avec plein de flotte sur la table de nuit… ou c’est qu’il a claqué des dents en dormant…

 

La Lune prend d’ailleurs des allures différentes selon la météo, ce qui peut être un guide pour connaître l’état de l’air.

Le meilleur exemple en est la Lune rousse. La pleine Lune de fin avril-début mai intervient alors que les journées peuvent déjà être chaudes et les gelées matinales fréquentes. C’est le contraste de température entre la journée et la nuit, et non la Lune elle-même, qui brûle les jeunes plants.

La pleine Lune apparaît alors un peu rougeoyante grâce à l’atmosphère surchargée qui joue le rôle de filtre. Ses molécules absorbent le bleu et le vert, mais laissent passer le rouge. La pleine Lune est d’ailleurs rouge ou rousse à chaque fois que l’atmosphère est saturée de poussières, d’humidité, ou de turbulence de chaleur (en été), en particulier à son lever, car les rayons lumineux très obliques ont alors la partie la plus longue de l’atmosphère à traverser : l’horizon.

 

Forces de gravitation et de marée

L’influence de la Lune sur le phénomène des marées est souvent utilisée pour tenter d’expliquer certaines influences sur les êtres humains et les végétaux :

« du fait qu’ils contiennent jusqu’à 80% d’eau ».

Or, c'est faire abstraction de l'échelle des choses.

 

L'effet des marées est la conséquence de la force gravitationnelle lunaire mais celle-ci produit ses effets sur Terre uniquement sur des objets dont la masse est très importante comme les océans ou la croûte terrestre, alors que cette force gravitationnelle lunaire est nulle sur des objets aussi minuscules que peuvent l'être les êtres humains ou les animaux.

 

La « sagesse populaire » qui prétendra que « qui peut le plus peut le moins » n’est pas allée suffisamment en cours de physique.

 

On peut d'ailleurs constater que les mers fermées (donc plus petites que les grands océans) n'ont pas de marées (ou insignifiantes) malgré leur surface et leur masse autrement plus importantes que celles d'un individu !

Les calculs montrent que la montagne, la Tour Eiffel et le médecin exercent une force de marée sur l’être humain respectivement 100 000, 1600 et 80 000 fois plus importante que la Lune !

(lire : http://charlatans.free.fr]

 

Ceci est évidemment tout aussi vrai pour les animaux ou pour les plantes.

À partir de là, on peut comprendre que les pseudo-théories qui associent présence d’eau dans les corps (ou de sève dans les végétaux) et position de la Lune ne peuvent être que fantaisistes… poétiques peut-être (quoi que cette « poésie » là ne soit pas à mon goût) mais totalement fantaisistes… comme écrites par les Marx Brothers.

 

Exit donc l’influence de la Lune sur le liquide…

Comparons maintenant les forces de gravitation et de marée exercées sur un être humain par la Lune, le Soleil, et les planètes proches : pour chaque astre, les valeurs sont calculées à partir de sa masse (M) et de sa distance à la Terre (d), sachant que :

- la force gravitationnelle est proportionnelle à M/d2,

- la force de marée est proportionnelle à M/d3

[source : observatoire de Paris http://www.obspm.fr/savoirs/contrib/contrib.fr]

 

D’après ces calculs, on constate que l’intensité de la force de gravitation exercée par le Soleil à la surface de la Terre est 200 fois plus grande que celle exercée par la Lune qui décidemment ne fait pas le poids ! La force de marée étant quant à elle de moitié.

 

3) LA LUNE ET LE MYSTÈRE DES PLACENTAS SAUTEURS…

LA LUNE ET LES NAISSANCES

D'aucuns affirment que la Lune agirait sur le liquide amniotique de la mère, provoquant la perte des eaux et l'accouchement. Ce serait pour cette raison que l'on assiste à un plus grand nombre de naissances au moment des changements de phase lunaire...

Or, cette dernière affirmation est totalement fausse !

Toutes les enquêtes statistiques sérieuses faites dans les maternités prouvent sans équivoque qu’il n’y a pas plus de naissances les jours de pleine lune ou de nouvelle lune que n’importe quel autre jour du mois (enquête Criss et Marcum réalisée sur 140.000 naissances à New York, 1968 ; enquête de Guillon, Lanzac et Soutoul portant sur 5.927.978 naissances en France entre 1968 et 1974).

Une explication fausse (l’effet de marée) pour un phénomène inexistant (pic de naissances aux changements de phase lunaire), ne serait-ce pas là le comble de l’absurde ?!!

Bien que l’analyse statistique prouve le contraire, la plupart des personnes travaillant dans une maternité ou un commissariat de police restent persuadées que l’activité est plus intense les nuits de pleine Lune.

 

Il s’agit là de ce que les psychologues nomment biais de confirmation : chacun a tendance à noter et à rechercher ce qui confirme ses croyances, et à ignorer, ou sous-estimer l'importance de ce qui les contredit.

http://pfz.free.fr/Lune_hommes/lune_hommes.htm

 

En fait, certaines expériences, ou plutôt études, ont bien été menées afin de quantifier l'influence de la Lune sur les naissances.

Il suffisait pour ce faire de tout simplement relever les jours de pleine Lune et de les comparer au registre des naissances d'une ou plusieurs maternités données.

 

1) Une de ces études, datant de 1984, a porté sur un total de 3324 naissances relevées dans deux hôpitaux de Montréal durant une période de 16 mois ; les résultats furent sans appel : aucune augmentation ne fut notée ni pendant les jours de pleine Lune, ni pendant les jours précédents ou suivants les nuits de pleine Lune.

2) Une étude américaine publiée en 1967 relevant les naissances entre 1948 et 1957 et entre 1961 et 1963 fut sans résultats probants pour les partisans des naissances lunaires, elle fut plutôt même contradictoires. Et comme tout phénomène auto-alimenté et non réfléchi (surtout quand on est dans la Lune) lorsqu'une journée est bien chargée dans une maternité, le personnel hospitalier, ou les patients eux-mêmes, affirment, sans parfois l'avoir vérifié, qu'il s'agit d'une nuit de pleine Lune, tandis que lorsque que l'on prend le temps de vérifier et qu'on s'aperçoit que ce n'était pas le cas, l'incident est clos et on oublie pour ne retenir que les jours/nuits où la Lune était effectivement présente. Le témoignage humain étant ce qu'il est, peu fiable, seul un relevé détaillé peut faire la différence et offrir des données qui puissent être considérées avec toute l'objectivité nécessaire pour faire la chasse aux idées reçues.

 

3) D'autres enquêtes statistiques sont venues conforter les doutes du pouvoir accoucheur de la Lune comme celle de Criss et Marcum réalisée sur 140 000 naissances à New York au cours de l'année 1968 qui, eux, préféraient le dernier quartier…

 

4) celle de Ducher sur les naissances françaises entre janvier 1970 et décembre 1975 plus sensibles à la nouvelle lune…

 

5) et celle de Guillon, Lanzac et Soutoul portant sur 5 927 978 naissances en France entre 1968 et 1974 qui ne profita pas non plus à la pleine Lune.

 

Le mythe tire sans doute son origine d'une association avec le sexe féminin, elle-même probablement basée sur une analogie rapide entre le cycle lunaire et le cycle menstruel de la femme, qui pourtant ne s'accordent pas.

http://charlatans.info/lunatic.shtml

 

Depuis de nombreuses années, la plupart des études suggèrent que les phases de la lune n’ont pas d’influence sur les activités humaines. Cette semaine encore, un article du New York Times cite une des dernières recherches qui s’intéressait à l’influence possible de la pleine lune sur la fréquence des naissances.

Parue dans le «Journal américain d’obstétrique et de gynécologie» (The American Journal of Obstetrics and Gynecology), cette étude compilait des données sur plus d’un demi-million de naissances survenues en Caroline du Nord entre 1997 et 2001. Conclusion: il n’y a pas de corrélation (de lien) entre le taux de naissances et les phases de la Lune.

Le même article indique également qu’un autre article du Journal de médecine de la Nouvelle-Angleterre (The New England Journal of Medicine) parvient aux mêmes conclusions.

http://www.blogparanormal.com/?p=26

 

4) LA LUNE N’EST PAS LA RÈGLE…

Pour ceux qui prétendent voir une origine lunaire dans le cycle menstruel de la femme, qui est en moyenne de 28 jours, que l'on s'empresse d'associer aux 29.53 jours que dure une lunaison...

 

Sauf que le cycle de la femme peut varier de 24 à 35 jours, et que 28 ce n'est pas 29.53. René Siffointe, dans un article dans l'astronomie (vol. 112, nov-déc 1998) rajoute : « Associer les femmes à des sacs de ciment (en moyenne, la masse d'une femme est proche de celle d'un sac de ciment de 50 kg) est aussi sage qu'associer son cycle menstruel à celui de la Lune, uniquement sur une coïncidence approximative des durées. »

Mais il est vrai que nombre de coïncidences numérologiques sont à l'origine de nombre de croyances toutes plus infondées les unes que les autres.

http://voie-lactee.over-blog.com/article-2896834-6.html

 

Donc à retenir : la durée du cycle est de 24 à 35 jours, celui-ci n'est pas en phase avec la lune, sinon toutes les femme ovuleraient en même temps !…

 

5) LA LUNE EST FOLLE…

CROYANCES LIEES A L'ASPECT DU DISQUE LUNAIRE

Chez mes collègues de la rédaction, les soirs de pleine Lune sont toujours abordés avec appréhension. Avec l'assurance de vieux fermiers prédisant la pluie avec leurs rhumatismes, journalistes et chefs de pupitre prédisent ces soirs-là un déferlement de crimes, de signalements d'OVNI et d'appels de "lunatiques".

Cette croyance n'est pas propre aux journalistes. Policiers et ambulanciers sont aussi largement convaincus qu'il se passe quelque chose les soirs de pleine Lune, qui augmente le nombre de leurs interventions.

En fait, la croyance est tellement répandue que de nombreuses études scientifiques ont été menées sur le sujet. Elles n'ont jamais démontré grand chose... à part la vigueur de cette folklorique légende.

 

En 1982, une étude américaine avait pourtant effectivement relevé un nombre supérieur d'accidents et de violations du code de la route durant les soirs de pleine Lune.

L'étude devait pourtant être mise en pièces par d'autres scientifiques puisque durant la période examinée par les chercheurs, les soirs de pleine Lune étaient presque toujours tombés les week-end, là où il y a toujours plus d'accidents.

D'autres études ont parfois démontré une légère hausse de meurtres ces soirs-là, mais encore une fois, leur méthodologie restait trop douteuse pour tirer de vraies conclusions.

En 1985, une étude (Rotton et Kelly) a même fait une analyse de 37 études sur le supposé « effet lunaire » sur le comportement humain (crimes, suicides, admissions en psychiatrie, etc.). Résultat : une variation de l'ordre de 3 centièmes de 1 %. Un chiffre plutôt insignifiant, trop insignifiant en fait pour indiquer la moindre variation tangible.

La folie de la pleine Lune – par Michel Marsolais

Première parution: Le Journal de Montréal, dimanche 9 novembre 1997.

 

Pleine Lune et nouvelle Lune seraient responsables de diverses influences sur notre comportement : insomnies, suicides, accidents, urgences psychiatriques, homicides…

Comme pour les naissances (cf. plus haut), des études ont montré qu’il n’existe pas de corrélation entre la phase de la lune et le nombre de cas relevés dans les hôpitaux et dans les commissariats.

Un schéma identique se retrouve chez les personnes souffrant d'insomnies, affirmant qu'il s'agissait sans doute aucun d'un soir de pleine Lune, chose qui, si elle s'avère vraie, n'efface pas pour autant toutes ces nuits d'insomnies sans Lune !

Pour comparer et tirer des conclusions, mieux vaut ici aussi avoir des chiffres fiables et des relevés objectifs.

Rien de plus simple, il suffirait de relever pendant un laps de temps assez long ces nuits d'insomnies, leur durée et les comparer aux nuits d'insomnies sans pleine Lune.

Pour bien faire, il faudrait en plus bien prendre soin de ne pas regarder le calendrier pour ne pas savoir quand les pleines Lune auront lieu pour ne pas être influencé, et faire la même chose en relevant les nuits de pleine Lune sans insomnies.

En 1996, a été publié un article dans la revue Skeptical Inquirer au sujet du taux d'agressions et d'homicides les soirs de pleine lune, titré "The Moon Was Full and Nothing Happened (La Lune était pleine et il ne s'est rien passé)". Selon les auteurs : « Les phases de la lune ne représenteraient pas plus de trois centièmes de 1% de la variabilité des comportements qualifiés de "folie", un chiffre trop minime pour être d'une valeur ou d'une signification réelles. »

http://charlatans.info/lunatic.shtml

 

6) LA LUNE et MON SLIP…

Dans la même veine, les affirmations selon lesquelles la Lune décolorerait les vêtements laissés sur le fil à linge une nuit bien éclairée, voire les rideaux ou même les carrosseries de véhicules à force d'exposition lunaire restent tout aussi infondées.

Il faut savoir que lors de sa phase visible, la Lune ne réfléchit que 8,3 % de la lumière qu'elle reçoit du Soleil, ce qui est bien peu face à la capacité de nuire du Soleil en pleine journée par l'émission d'ultraviolets autrement plus conséquents, et ce malgré l'action nocturne du peroxyde d'hydrogène qui peut nuire aux couleurs du linge, sachant que c'est bien ce dernier qui peut décolorer, associé au reflet de la lumière solaire sur la lune, et non pas l'action de la lune en soi.

http://charlatans.info/lunatic.shtml

 

7) LA LUNE… SOIT ! MAIS LA MÉTÉO ?...

Là encore, les suites d'observations, enregistrées depuis plus d'un siècle, jour après jour, par les différents services météorologiques, n'ont pas permis d'établir un lien entre la phase de la Lune et les phénomènes météorologiques.

D'ailleurs, la date de nouvelle Lune ou de pleine Lune est identique pour la Terre entière, tandis qu'une dépression peut mettre cinq jours pour se déplacer du Nord de l'Écosse jusqu'au fond de la Baltique, entraînant des variations diverses sur toute l’Europe… mais pas forcément en Australie !

http://pfz.free.fr/Lune_hommes/lune_hommes.htm

 

Autrement dit : bien luné, mal luné… ça n’aura rien à voir avec notre cher satellite !

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bientôt ici :
réédition du n°20 (épuisé) du Bulletin Trimestriel des Sciences et des Technologies
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Théories du complot, théories conspirationnistes -voir conspira-sionistes- sont légion : pas nouvelles nouvelles, souvent réchauffées d’anciennes « théories » & resservies pour « expliquer » chaque nouvel événement qui émeut la partie la plus sensible & crédule de la population.

Le Net permet à ces théories (il en apparaît de nouvelles tous les jours) de se répandre comme une trainée de poudre enflammée (au choix : par une allumette ou par une moteur de Concorde en flamme).

Mon but ici n’est pas de les répertorier : il suffit de taper « théorie complot » ou « théorie conspirationniste » sur un moteur de recherche pour en être inondé… je viens d’essayer et j’en suis revenu épuisé !

Pas plus que d’apporter des explications sociologiques ou psychologiques ou encore historiques : ça a été fait.

Alors quoi ?

Je vais démontrer dans les lignes suivantes et avec la plus grande rigueur scientifique (dont jamais je ne me dépars) que l’explication est à la fois bien éloignée… bien plus simple mais en même temps monstrueuse que toutes celles déjà fournies par les illuminés de tous poils…

 

Enlèvements par des extra-terrestres, disparitions mystérieuses d’avions ou de navires, disparitions de familles entières voire de bataillons d’artilleurs, etc. : on ne compte plus les théories et leurs auteurs. Quelle est la part de bonne foi dans tout cela ?

 

PARTIE 1 – PRÉSENTATION DES HYPOTHÈSES

 

Il faut distinguer deux catégories type :

 

1) celle d’auteurs de ces théories qui jouent sur leur force de conviction et le besoin de croire d’une frange de la population qui s’appuie à son tour sur un prétendu « bon sens » pour admettre les yeux fermés des arguments forgés de toutes pièces : ces auteurs poursuivent un but précis, il est idéologique dans 90% des cas.

Sous-catégorie A : attribuer la Révolution Française de 1789, ou bien le Front Populaire de 1936, ou bien la Révolution Bolchévique de 1917, ou encore la défaite allemande de 1918 à des groupes invisibles (dissimulés) d’individus manipulant l’opinion mondiale et ses dirigeants. Les Francs-Maçons ou les Juifs font alors très bien l’affaire en général : le « Protocole des Sages de Sion » élaboré en 1897 par l’Okhrana (la police secrète du Tsar) en reste l’exemple le plus tristement célèbre… l’extrème-droite française dès les années 1920, Hitler lui–même, s’en sont servi pour dénoncer le « péril juif »… le « complot juif mondial »… aujourd’hui encore il circule dans tout le Proche et Moyen-Orient. On a même alors soutenu que Roosevelt (soi-disant inféodé au « Lobby Juif ») aurait volontairement laissé se dérouler l’horreur de Pearl Harbour afin de pouvoir déclencher la guerre au Japon. La dernière mouture de cela tourne encore dans les esprits à propos de l’attentat du World Trade Center du 11 septembre 2001. Le schéma est toujours le même. Il suffit d’actualiser un brin et le tour est vite joué.

Sous-catégorie B : attribuer chaque événement douloureux pour la population à un « directoire secret » afin de la pousser dans telle ou telle direction pour profiter à de cyniques exploiteurs. Le dernier en date est le cas de la grippe « aviaire » H5N1 lié à celui de la grippe « porcine » H1N1 : la firme états-unienne Baxter basée dans l’Illinois aurait créé et répandu le virus H1N1 créé à partir du précédent afin d’augmenter ses bénéfices déjà considérables.

Le crash récent de l’Airbus au large du Brésil est déjà attribué lui aussi à un obscur complot : le nom de domaine « flight447.com » aurait été acheté en septembre 2007.

Sous-catégorie C : attribuer des faits étranges reconnus collectivement à des entités mystérieuses. Depuis le brick-goëlette « « Mary-Celeste » retrouvé en décembre 1872 voguant sur l’Atlantique sans personne à son bord, jusqu’à nombre d’avions civils et militaires ayant disparu dans le « Triangle des Bermudes » ou toute autre figure géométrique approximative ailleurs sur la planète : monstres marins, fantômes vengeurs, extra-terrestres, intra-terrestres… (je dois en oublier) ont unis leurs forces pour soustraire à l’affection de leurs proches des centaines, voire des milliers, de personnes qui partaient ce jour-là pour essayer leurs nouveaux clubs de golf, ou je ne sais quoi ?

 

2) la seconde catégorie est tout aussi simple en apparence et alambiquée en réalité que la première : on est dans le cas de faits touchant guère plus d’un individu ou deux.

Sous-catégorie A : disparition(s) non élucidée(s)

Sous-catégorie B : disparition puis réapparition d’un individu affirmant soit ne se souvenir de rien, soit se souvenir qu’il a été enlevé par des êtres venus de l’Espace.

Dans ces deux sous-catégories les exemples se dénombrent en milliers chaque année, je vous en ferai grâce : j’y reviens ci-dessous dans la deuxième partie.

 

PARTIE 2 – RÉFUTATION DES HYPOTHÈSES I-A, I-B, I-C, II-A, II-B

 

Le « Bulletin des Sciences et des Technologies » (trimestriel : deux euro par abonnement) aux destinées duquel j’ai l’honneur de présider émane d’un laboratoire privé qui fonctionne sous ma direction également : le L.E.S.M.D.T.S. (Laboratoire pour l’Étude des Sciences Molles, Dures, et Tendres à Souhait).

Nous disposons d’outils informatiques puissants qui nous ont permis de constituer la plus importante base de données sur les faits répertoriés comme mystérieux dans le monde, depuis le trop fameux et bien surévalué « vol de la pomme dans le Jardin d’Eden » jusqu’au récent crash dramatique de l’Airbus.

Bien évidemment, je ne les aborderai pas tous dans ces colonnes. Je puis cependant d’ores et déjà vous annoncer qu’une somme magistrale est en préparation : une sorte d’Encyclopédie des Faits Mystérieux qui reprendra l’intégralité de nos recherches et de nos conclusions. Actuellement toutefois, comme la secrétaire est en congé maternité et la femme de ménage à temps partiel (on nous a coupé certains crédits), les travaux prennent un peu de retard : la parution est envisageable d’ici 2027, guère avant… et si d’ici là la secrétaire est revenue de son congé maternité.

 

Reprenons quelques cas voulez-vous ? Les lecteurs les plus pressés n’auront qu’à sauter à la page 3 où l’on fait le bilan des avancées sur l’étude « in vivo » des semelles de crêpe bretonnes : une espèce presque disparue qui se déplace sans bruit les nuits de cambriolage intense dans le district de Plougalou Ar Armor.

 

5 décembre 1872 : le capitaine Morehouse dirigeant le « Dei Gratia » note dans son journal :

« Cher Journal,

comme je me sens seul à bord malgré l’équipage que je dirige. La solitude m’étreint et m’émeut, surtout le soir dans ma pauvre petite couchette, surtout vers 23h30-23h32 environ : à l’heure où Lisette la petite bonne chez mes parents venait me faire la petite gâterie qui m’aidait à m’endormir.

Aujourd’hui nous avons trouvé le brick-goëlette « Mary-Celeste » en train de dériver : personne à bord.

L’équipage s’est bien diverti : on a crû à une blague de Surprise-Surprise… »

Il ajoute quelques détails : le capitaine Briggs, son épouse, sa fille et sept hommes d’équipage ne sont plus à bord, 1701 fûts d’alcool ont également disparu.

Ce cas est un grand classique ! Emblématique des cas de disparitions collectives étranges.

Retenez bien que le capitaine Morehouse a ensuite perçu du tribunal la somme de 1 700 livres pour avoir trouvé et ramené le navire (5% de la valeur du bâtiment).

QU’en fut-il en réalité ? Cela fut bien plus prosaïque que toutes les hypothèses émises : nos recherches nous ont permis de retrouver un gentleman nommé Cavendish installé avec sa femme et sa fille à Boston comme épicier en décembre 1872 ! Deux coïncidences plus que troublantes. Il a suffit au coquin Briggs de changer cinq lettres et d’en ajouter trois à son nom pour qu’il disparaisse aux yeux du monde ! Nos chercheurs n’ont pas été dupes de la supercherie : le sieur Cavendish ayant lancé juste avant Thanksgiving une grande promotion d’alcool dans sa boutique, alcool dont on n’avait pas jusqu’alors retrouvé la provenance !

La cargaison d’alcool a en fait été répartie entre les hommes d’équipage et le capitaine (avec une part plus importante pour lui : privilège du grade fort respecté dans la marine anglaise depuis l’épisode du Bounty).

Les matelots se sont soulés, mais Briggs l’escroc a eu plus de flair : il a gardé sa part et l’a revendu avec bénéfice, ce qui lui a permis ensuite de doter fort convenablement sa fille quand elle a épousé un représentant en fixe-chaussettes de passage à Boston.

L’accord passé avec Morehouse était simple : « déposez-nous à Boston, inventez ce que vous voulez, et je vous laisse toucher la prime pour le navire ».

Aussitôt dit, aussitôt fait.

 

Une fois que nous eûmes décrypté ce cas, les autres disparitions collectives s’éclaircirent en un instant ! En reprenant tous les indices, chaque fois nous eûmes la « divine surprise » de constater que pour chaque disparition étrange, une « apparition » concomitante faisait pièce d’individus ressemblant terriblement aux disparus !

 

Un régiment disparaît ici ou là durant la Guerre de Sécession, la première Guerre mondiale ou la seconde ?... et on retrouve cinq-cents ou six-cents hommes en état d’ébriété avancée déambulant à Pondichéry ou à Zanzibar, arborant la même nationalité et quasiment les mêmes noms ! Il suffisait de savoir où chercher !

La même clé ouvre toutes les serrures !

Aucun mystère donc là-dedans : juste la volonté des hommes… et ses chemins sont bien tortueux.

 

Les disparitions individuelles sortent pour la plupart du même bain : les autorités de police le savent bien qui garantissent l’anonymat à celles et ceux qui désirent rompre les liens avec leur vie passée.

Il y a cependant des disparitions qui s’expliquent autrement : elles nous ont coûté beaucoup d’efforts et une part de notre santé, puisqu’il a fallu parfois enquêter dans les plus sombres des bas-fonds pour glaner nos renseignements, payer des verres à des individus louches et boire avec eux pour ne pas éveiller leurs soupçons : c’est en effet la dure loi du monde de la pègre.

En recoupant nos informations, nous avons déduit, avec une certitude frisant les 99,9%, que nous nous trouvions face à des crimes parfaits ! Leurs auteurs ont réussi à ne jamais se faire prendre, allant même jusqu’à se présenter comme témoins de ces disparitions en prétendant qui une chute dans un cours d’eau, qui un nuage étrange enveloppant une personne jusqu’à sa disparition complète après évaporation de la brume !

 

Le dernier sous-type est celui des « disparition-réapparition » : il est presque comique. Combien d’individus malheureux en ménage ne sont pas ainsi partis en bordée pendant quelques jours, ont fait les quatre-cents coups, et sont revenus repentants et en piteux état, mais n’osant avouer le bon temps qu’ils s’étaient donnés !

La guerre froide qui fit voir des « Rouges » partout, jusque et y compris dans le ciel, leur permit d’inventer des engins mystérieux, en général à la forme sympathique de soucoupe (rappelant celle où l’on posait leurs additions sans doute)… engins d’où seraient sortis de petits hommes verts (en général prénommés Charlie comme le barman, ou pire : Cheryl ou Barbara…) qui leur auraient fait plein de trucs ignobles (qu’ils ont adoré, mais ça ils ne purent pas le reconnaître devant leurs épouses).

Nous pouvons même admettre qu’après les bitures multiples qu’ils se sont pris, ils n’aient effectivement eu plus aucun souvenir des trente-six dernières heures…

La guerre froide est finie, mais le pli était pris : les hommes verts se sont retrouvés accusés de tout (toujours petits : on se demande même comment on ne pouvait leur échapper, sauf à admettre les fameux rayons paralysant, mais quatre ou cinq verres de scotch faisaient aussi bien l’affaire).

 

Chers Lecteurs, j’en ai maintenant terminé avec ma présentation succincte. Je suis au regret de vous prier maintenant d’attendre la publication complète vers 2027 de tous nos résultats.

Professeur Leglaireux Maurice

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discours prononcé à l’occasion de l’enterrement de Jason M. Flycircle

 

mes chers amis (permettez-moi de vous appeler ainsi puisque sans la somme astronomique de sept dollars & vingt-quatre cents que j’ai versé à chacun de vous après les avoir moi-même extorqués à sa veuve moins ma commission de dix pour cent –autrement aucun de vous ne serait venu) je vais tenter de prononcer l’éloge funèbre de Jason M. Flycircle à l’occasion de ses obsèques – occasion de circonstances comme il ne s’en produit pas si souvent dans la vie d’1 homme…

 

sous tous rapports Jason M. Flycircle fut 1 citoyen détesté de notre bonne ville de S.

enfant non désiré –sa mère s’étant même enfuie avant sa naissance- il fut élevé par son père qui le posa d’abord sur 1 tabouret… puis sur 1 chaise… puis sur la table de cuisine… & c’est ainsi que peu à peu & malgré les embûches Jason M. Flycircle s’éleva dans la vie jusqu’à devenir pilote de dirigeable

 

Jason M. Flycircle est d’ailleurs 1 nom d’emprunt : son père n’ayant souhaité reconnaître ce fils que sous 1 faux nom qu’il avait emprunté à son voisin (Sam J. Grumpenschtatt) au taux de 13,5% -pour la petite histoire cet emprunt ne fut jamais remboursé… lorsque l’huissier mandaté par Grumpenschtatt frappa à la porte le père de Jason M. lui ouvrit & lui rabattit immédiatement son caleçon sur la tête avant de le projeter dans l’escalier d’1 violent coup de pied dans les fesses… puis il sauta par la fenêtre de sa chambre… tomba sur le crâne de l’huissier qui en mourut sur le coup à l’âge de quatre-vingt-dix-huit ans au cours d’1 partie de golf entouré de l’affection des siens & des sinus

 

le père indigne ne reparût jamais

resté seul Jason M. dût apprendre très tôt à se débrouiller par lui-même… à l’âge d’1 an (alors qu’il marchait encore à quatre pattes) il se fit cireur de souliers sur Broadway –le Broadway de notre bonne petite ville je précise : où se tiennent l’épicerie de Bertha Hopkins & la quincaillerie de Joe Cannelloni (là où l’arrière-boutique dissimule 1 salle de jeu avec roulette truquée & tables de poker mais chhhhhuuutt !...)

 

l’argent qu’il gagnait ainsi Jason M. l’utilisait à boire…

(bien sûr à cet âge il ne buvait que du lait)

mais il parvint à en mettre de côté : sou par sou il économisa… par exemple jamais de sa vie il ne porta de chaussures : il continua toute sa vie de marcher à quatre pattes comme à ses débuts… il avait calculé qu’à raison de deux paires de chaussures par an il économiserait chaque année trente-deux dollars

à la fin de sa vie -que je décrirai plus loin- il avait ainsi mis de côté trois mille six-cent-seize dollars…

 

en réalité Jason M. Flycircle eut 1 vie de peu d’intérêt… en tant que cireur de chaussures il ne fut pas le meilleur loin de là !... par ailleurs il n’écrivit pas de chef-d’œuvre… de ceux qui renverraient Shakespeare & Dale Carnegie à leurs chères études… il ne révolutionna pas l’astrophysique par 1 théorie sur la naissance de l’Univers… bien qu’analphabète il ne fut pas présentateur météo à la télévision… le seul fait notable dans sa vie morne fut quand il s’inscrivit au concours de Miss Wisconsin & qu’il finit bon dernier derrière 1 vache prénommée Daisy

c’est cet événement qui lui fit arrêter le lait de vache : il réveilla sa femme en pleine nuit & s’écria « jamais plus je ne boirai de lait de vache ! j’en fais le serment sur la tête de nos enfants ! »

sa femme lui rétorqua « mais nous n’avons PAS d’enfants ! »

« c’est bien vrai ! mais ne m’interromps pas toujours ! & cesse de me réveiller en pleine nuit ! »

« ah ! n’inverse pas les rôles ! » se fâcha-t-elle

« si je savais inverser les rôles j’aurai réussi au concours de Miss Wisconsin ! »

ainsi fut close la discussion

 

le destin de Jason M. Flycircle n’était pas d’être détesté de ses concitoyens… mais sa manie de se poster à sa fenêtre & de jeter des petits pois sur les passants en criant « Nietzsche est mort mais mes actions IBM montent ! » avait le don de nous énerver… d’abord parce que personne ne savait qui était ce Nietzsche ?… peut-être son banquier ?... mais aussi parce que dans 1 ville où les abattoirs de bovins étaient les principaux employeurs on considérait comme de la provocation que de lancer des légumes à la tête des gens… la preuve en est d’ailleurs que je jette moi-même régulièrement des côtelettes à la tête du Maire à chaque Conseil municipal & que nous restons fort bons amis !

 

la rencontre tardive avec la future Madame Flycircle fut totalement inopinée… 1 coup du destin… la belle Rachel faisait 1 tournée de catch féminin dans la région : il la vit lors d’1 combat organisé sous chapiteau dans notre parc municipal & pour lui ce fut aussitôt le coup de foudre

 

il fut immédiatement conquis par la grâce de ses cent-douze kilos harmonieusement répartis sur 1 mètre soixante-treize… elle avait failli être engagée comme pilier dans l’équipe nationale d’Irlande de rugby mais elle faisait peur aux autres membres de l’équipe & elle s’était donc expatriée chez nous où elle s’était reconvertie dans les démonstrations de catch

la façon dont elle envoyait arbitres & adversaires dans les premiers rangs du public avaient même fait sa célébrité à part égale avec sa recette de son gâteau aux pâtes fraiches avec des cornichons aigre-doux

 

après le combat il la rencontra à la sortie des vestiaires & lui déclara sa flamme… elle le jaugea rapidement… lui fit 1 clé puis 1 étranglement & déclara « c’est ok pour moi ! »

 

leur rapide voyage de noces à Tapeducul City achevé il s’installèrent chez nous dans 1 maison tout en sous-sol dont seul le toit dépassait ce qui ne facilitait pas la tâche du facteur qui ne trouvait jamais la boite aux lettres & qui jetait donc chaque jour le courrier sur le toit en grommelant

 

la fin même de Jason M. Flycircle fut banale & sans le moindre intérêt : il était aux commandes de son dirigeable lorsqu’il s’écrasa sur 1 chorale d’enfants de chœur répétant le morceau bien connu « Californication » des Red Hot Chili Peppers

le dirigeable explosa dans 1 flatulence terrible qui détruisit deux pâtés de maisons

on déplora la mort des vingt-huit enfants & du pasteur mais pas la sienne

on ne retrouva pas le corps de Jason M. Flycircle

 

c’est pourquoi malgré la demande de sa veuve nous ne pouvons procéder à l’incinération & que nous nous tenons devant 1 cercueil vide

je crois avoir dit tout ce que je pouvais de Jason M. Flycircle & nous n’allons pas nous attarder : le Maire doit prononcer 1 discours pour sa réélection & j’ai quelques côtelettes en réserve

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chers auditeurs je suis en direct du Palais Présidentiel où notre Président-Monarque vient de reprendre ses fonctions après 1 journée où il a souhaité s’éloigner des caméras & des micros – estimant (& avec quel à-propos !) que dix heures par jour de présence médiatique risquait à la longue de saturer l’auditoire & de brouiller son message…

nous voulons d’ailleurs – en notre nom à tous – le rassurer : non Cher Président ! nous en voulons encore !

revenons au direct pour vous informer des dernières décisions de Moi-Moi-Moi-1er-&-Ma-Femme-&-Mon-Fils :


1. nous venons de changer de 1er ministre : en effet le précédent pour aussi insignifiant qu’il fut a crû pouvoir s’exprimer hier à la radio pour exprimer sa joie de travailler pour 1 Président aussi éclairé… il a parlé sans autorisation : toute initiative personnelle est 1 faute personnelle… donc suivie d’1 sanction personnelle


2. finalement c’est tout le gouvernement qui va être remanié : eh oui ! en nous annonçant le changement de 1er ministre notre Bien Aimé-Président s’est aperçu qu’en fait les autres ne lui revenaient pas non plus


3. 1 fois que le gouvernement sera en place notre Si Cher Président nommera les parlementaires : il nous a en effet expliqué hors micro que c’était plus simple & plus rapide… il faut être modernes & réactifs : pourquoi perdre du temps en campagnes électorales brouillonnes & incompréhensibles pour de toute façon finir avec 1 parlement aux ordres ?... il a donc révisé la Constitution la nuit dernière pendant sa partie de scrabble avec le gratin du showbizz… la prochaine étape pourrait être de supprimer le parlement qui ne sert pas à grand-chose finalement… « c’est ce que veulent les Français… ils m’ont élu pour ça… je tiens toutes mes promesses… même celles que je leur ai cachées… surtout celles-là !...»


le gouvernement se met aussitôt au travail : je vous livre l’information comme je la vois se dérouler sous mes yeux…

le ministre de la Confiture passe la parole à la secrétaire d’état aux Citations De Jaurès Pour Faire Chier La Gauche

qui reprend de la tête & la renvoie dans les pieds du ministre du Tapis qui se prend les pieds dedans

le sous-secrétaire d’état à l’Economie de Moyens improvise 1 quadrille pour tenter de dribbler la Ministre du Saucisson & du Nutella… mais 1 quadrille à deux ça n’existe pas !... attendez ! si ! notre Président Roleix vient de publier 1 décret rétroactif instituant le quadrille à deux : madame Touvamoinpire entame donc 1 tour de piste avec monsieur Touvabien… c’est fantastique : ils vont si bien ensemble…

le temps de passer à 1 valse puis à 1 paso doble notre noble Sire Président dévoile 1 sein de sa femme en disant : « hein qu’elle a de beaux nichons ma femme hein ? »

& il sourit en se tournant vers son Ministre des Coaches du Périnée Présidentiel pour lui donner 1 petite tape sur les fesses

1 opposition de fort mauvais goût crie : « ouh ! ouh ! » mais la Police de la Pensée Unique & Présidentielle intervient pour évacuer ces sinistres mauvais plaisants qui ne respectent pas l’Élu des Dieux du CAC 40


oh mais que vois-je ?... le ministre du Jogging & des Yachts d’Amis a l’air de s’être foulé 1 orteil ?... nous attendons confirmation… oui c’est bien cela !... 1 cellule psychologique vient donc prendre en charge les militants du Parti Présidentiel Donc Unique… le Haut-Commissaire aux Flippers siffle la mi-temps… je rends l’antenne aux studios pour 1 page de publicité

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